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Quatre Palestiniens, dont une journaliste, tués en deux jours en Cisjordanie occupée

En l’espace de 24 heures, les forces israéliennes ont tué quatre Palestiniens, dont une journaliste de 31 ans
Ghufran Harun Warasneh, 31 ans, a été tuée d’une balle alors qu’elle se rendait à son nouveau travail au sein d’un réseau de médias locaux à Hébron, en Cisjordanie (Twitter)
Ghufran Harun Warasneh, 31 ans, a été tuée d’une balle alors qu’elle se rendait à son nouveau travail au sein d’un réseau de médias locaux à Hébron, en Cisjordanie (Twitter)

Les forces israéliennes ont abattu jeudi un Palestinien de 17 ans en Cisjordanie occupée, faisant de lui le quatrième Palestinien tué par des tirs israéliens en 48 heures.

Odeh Mohammad Odeh a été touché à la poitrine dans le village d’al-Midya, à l’ouest de Ramallah, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.

L’armée israélienne a affirmé sur Twitter avoir tiré en direction de suspects ayant jeté des bouteilles incendiaires en direction de soldats dans le secteur proche de la barrière de séparation (construite illégalement par Israël) près du village d’al-Madia.

L’agence de presse palestinienne Wafa, citant des sources locales, a déclaré qu’Odeh jouait avec un groupe d’amis près du mur de séparation lorsqu’ils ont essuyé des tirs.

Ragheb Sadaqa, chef du conseil du village de Midya, a déclaré que l’adolescent ne représentait aucun danger pour les soldats qui lui ont tiré dessus et qu’il n’y avait pas d’affrontements au moment de son meurtre.

Plus tôt ce jeudi, les troupes israéliennes avaient tué un Palestinien lors d’un raid dans un camp de réfugiés en Cisjordanie occupée. Deux autres Palestiniens avaient été tués peu avant par les forces israéliennes.

Ayman Mahmoud Muhaisen, 29 ans, un ancien prisonnier, a été abattu dans le camp de Dheisheh, près de Bethléem, tandis qu’un autre Palestinien a été blessé.

Contactée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas formulé de commentaire dans l’immédiat.

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Mercredi 1er mai, Bilal Awad Tawfiq Kabha a été abattu lors d’un raid des forces israéliennes dans le village de Ya’bad, en Cisjordanie.

Les forces de sécurité étaient intervenues pour démolir la maison d’un Palestinien accusé d’avoir perpétré en mars une attaque qui avait fait cinq morts à Bnei Brak, dans la banlieue de Tel Aviv.

D’après le ministère de la Santé, le jeune homme de 24 ans est décédé à l’hôpital à Jénine, où il avait été admis dans un état critique après avoir été « touché par des tirs à balles réelles à la poitrine et à la cuisse ».

Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, six Palestiniens ont été blessés au cours du raid israélien.

L’armée a ajouté que le 17 avril, elle avait communiqué à la famille de Diya Hamarshah, 27 ans, l’ordre de démolition de la maison familiale.

Israël détruit régulièrement les habitations des personnes qu’il accuse d’attaques contre des Israéliens.

Cette pratique, qui alimente souvent les tensions, est condamnée par ses détracteurs qui dénoncent une forme de punition collective. Israël soutient que cette méthode dissuade les attaques.

Les médecins empêchés d’atteindre la victime

Mercredi matin, les forces israéliennes ont aussi abattu une Palestinienne alors qu’elle se rendait à son nouveau travail au sein d’un réseau de médias locaux à Hébron, en Cisjordanie.

Ghufran Harun Warasneh, 31 ans, journaliste, a reçu une balle dans la poitrine près du camp de réfugiés d’al-Arroub et son décès a été déclaré à l’hôpital, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.

Un témoin oculaire anonyme a déclaré à l’agence de presse palestinienne Wafa que Ghufran Harun Warasneh se dirigeait vers la route principale lorsque deux soldats postés à un poste de contrôle militaire lui ont demandé de s’approcher d’eux, avant que l’un d’eux ne l’abatte. 

Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé : « Une assaillante armée d’un couteau s’est avancée vers un soldat qui assurait ses opérations de sécurité de routine sur la route 60. Les soldats ont répondu par des tirs à balles réelles. »

Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré que les forces israéliennes présentes sur les lieux avaient empêché ses médecins d’atteindre la victime pendant vingt minutes avant qu’ils ne parviennent à la transférer à l’hôpital al-Ahli d’Hébron.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a condamné le meurtre, dénonçant une « exécution sur le terrain ».

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.