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La princesse « disparue » Latifa de Dubaï apparaît sur une photo publiée sur Instagram

Selon la BBC, la jeune femme qui apparaît sur la photo, assise à une table dans un centre commercial de Dubaï, est bien la fille de l’émir Mohammed ben Rachid al-Maktoum
L’« affaire » Latifa connaîtrait des « évolutions positives » selon la campagne Free Latifa (Instagram/lyndabouchikhi)
L’« affaire » Latifa connaîtrait des « évolutions positives » selon la campagne Free Latifa (Instagram/lyndabouchikhi)
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Une photo publiée la semaine dernière sur Instagram semble montrer la princesse Latifa al-Maktoum, 35 ans, fille de l’émir de Dubaï, le cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum, au sujet de laquelle le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU s’était dit « très inquiet » en l’absence de « preuve de vie ». 

Sur cette photo, la princesse apparaît assise à une table, dans un centre commercial de Dubaï, le Mall of Emirates (MOE), en compagnie de deux femmes. Sur la table, sont posés des masques anti-COVID, ce qui laisse suggérer que la photo a été prise pendant la pandémie. En légende, est indiqué : « Belle soirée au MOE avec des amies. »

Middle East Eye n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment si l’image est réelle et à jour.

Mais un ami de la princesse Latifa a confirmé à la BBC qu’il s’agissait bien d’elle. Selon la BBC, l’apparition de cette photo n’est pas liée au hasard ni accidentelle, mais est associée à des événements confidentiels. 

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Selon l’AFP, samedi soir, un photo publiée sur un compte Instagram public montrait aussi une femme présentée comme Latifa, avec la légende : « Bonne nourriture à Bice Mare avec Latifa plus tôt. »

Dans un communiqué, David Haigh, co-initiateur de la campagne Free Latifa, a déclaré : « Nous confirmons qu’il y a eu plusieurs évolutions potentiellement significatives et positives dans la campagne. Nous n’avons pas l’intention de faire d’autre commentaire à ce stade, un autre communiqué sera publié au moment opportun. »

Le mois dernier, les Nations unies ont sollicité une rencontre avec l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Genève au sujet du sort de Latifa et de sa sœur Shamsa.

L’année dernière, un juge britannique a statué que le cheikh Mohammed, qui est aussi Premier ministre et vice-président des Émirats arabes unis, gardait ses deux filles en captivité et les avait kidnappées dans des contextes différents. 

En 2018, Latifa s’était échappée de Dubaï avec l’aide de son amie, une instructrice finlandaise de capoeira, Tiina Jauhiainen. Huit jours plus tard, alors qu’elle était arrivée jusqu’à la côte indienne de Malabar, les forces indiennes, puis émiraties, l’avaient violemment embarquée sur un bateau pour la ramener à Dubaï.

Une lettre à la police britannique

En février 2021, la BBC a diffusé des vidéos secrètement enregistrées par Latifa et envoyées à des amis à l’étranger, dans lesquelles elle décrit sa capture et sa détention après son retour dans l’émirat.

Elle a affirmé être retenue prisonnière, seule, sans accès à une aide médicale ou juridique dans une villa verrouillée gardée par la police.

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En 2000, Shamsa, sa sœur, a fui le domaine familial de Longcross au Royaume-Uni dans un Range Rover, avant d’être attrapée dans les rues de Cambridge, « droguée » selon le récit de Latifa, et ramenée à Dubaï en jet privé. Aujourd’hui âgée de 39 ans, elle n’a pas été revue depuis. 

En février, une lettre de Latifa a été remise à la police britannique, l’exhortant à enquêter sur l’enlèvement de Shamsa. Dans cette lettre manuscrite, la princesse explique qu’une nouvelle enquête pourrait aider à libérer sa sœur.

Bien que ce courrier soit arrivé entre les mains de la police en février, Latifa l’aurait écrit en 2019, selon la BBC, alors qu’elle était détenue dans une villa en bord de mer gardée par une trentaine de policiers.

« Si cette photo est authentique et récente, cela nous donne un certain soulagement qu’elle soit en vie », a déclaré à l'AFP Rothna Begum, chercheuse à Human Rights Watch (HRW).

Traduit de l’anglais (original).