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Des défenseurs des droits de l’homme dénoncent la candidature conjointe UE-Égypte à la présidence d’une agence antiterroriste

Human Rights Watch rappelle que depuis l’arrivée au pouvoir du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l’issue d’un coup d’État en 2013, ce dernier fait régulièrement emprisonner, torturer et exécuter des activistes et des personnalités politiques d’opposition dans le pays, tout en qualifiant sans fondement leurs activités de « terrorisme »
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (à droite) rencontre le président du Conseil européen Charles Michel au palais présidentiel du Caire, le 12 janvier 2020 (AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (à droite) rencontre le président du Conseil européen Charles Michel au palais présidentiel du Caire, le 12 janvier 2020 (AFP)
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Des défenseurs des droits de l’homme ont fait part de leur inquiétude après avoir appris que l’Union européenne envisageait une candidature conjointe avec l’Égypte à la présidence d’un organisme international de lutte contre le terrorisme.

Les violations généralisées commises par l’Égypte ainsi que la répression qu’elle exerce contre les activistes et personnalités politiques d’opposition sont notamment mises en avant.

L’UE prépare une candidature conjointe avec l’Égypte pour diriger une instance de lutte contre le terrorisme
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La semaine dernière, des responsables à Bruxelles ont approuvé la candidature UE-Égypte à la coprésidence du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF), une organisation qui compte 30 pays membres et coopère étroitement avec les Nations unies « pour limiter le recrutement de terroristes et accroître les capacités civiles des pays pour faire face aux menaces terroristes », selon son site web.

D’après une note du Conseil de l’UE datée du 11 janvier et publiée par Statewatch, la proposition de candidature conjointe a été soulevée pour la première fois par des membres du service diplomatique de l’UE, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), au cours de réunions d’un groupe de travail de l’UE sur le terrorisme en octobre et novembre.

« En tant que coprésidente du GCTF, l’UE peut contribuer à façonner l’agenda de la politique et des pratiques internationales en matière de lutte contre le terrorisme et promouvoir les valeurs de l’UE dans le domaine de la lutte contre le terrorisme », indique la note.

Appel à « réexaminer sérieusement » cette proposition

Le document précise également que l’Égypte, « partenaire de longue date de l’UE et coprésidente du groupe de travail du GCTF sur le renforcement des capacités en Afrique de l’Est, a indiqué qu’elle serait intéressée » par une candidature conjointe.

Mardi, Human Rights Watch a invité l’UE à « réexaminer sérieusement » cette proposition de partenariat.

L’organisation rappelle que depuis l’arrivée au pouvoir du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l’issue d’un coup d’État en 2013, ce dernier fait régulièrement emprisonner, torturer et exécuter des activistes et des personnalités politiques d’opposition dans le pays, tout en qualifiant sans fondement leurs activités de « terrorisme ».

« Plutôt que d’envisager honteusement une candidature conjointe avec l’Égypte en négligeant son misérable bilan en matière de droits de l’homme, l’UE devrait commencer à prendre des mesures significatives pour y remédier, comme le demandent instamment Human Rights Watch et d’autres ONG, ainsi que le Parlement européen », a déclaré mardi Claudio Francavilla, chargé du plaidoyer de HRW auprès de l’UE, dans un communiqué.

« À l’approche d’une nouvelle session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’intensification des efforts visant à créer un mécanisme tant attendu de surveillance et de signalement en matière de droits de l’homme en Égypte serait un bon point de départ. »

Peter Stano, porte-parole de l’UE, a confirmé vendredi à MEE que l’UE et l’Égypte avaient présenté une candidature conjointe à la présidence du GCTF. Les candidats potentiels doivent faire part de leur intérêt d’ici la fin de la semaine.

Les membres du GCTF choisiront les prochains coprésidents lors d’une réunion en mars et les candidats retenus commenceront leur mandat en septembre. Les coprésidents actuels sont le Canada et le Maroc.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.