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Islam, immigration, femmes : les petites phrases extrémistes du candidat Zemmour

Voici un florilège des déclarations controversées de l’ex-éditorialiste Éric Zemmour, qui s’est déclaré candidat à la présidentielle française de 2022
Éric Zemmour lors d’un meeting à Béziers, dans le sud de la France, le 16 octobre 2021 (AFP / Christophe Simon)
Éric Zemmour lors d’un meeting à Béziers, dans le sud de la France, le 16 octobre 2021 (AFP/Christophe Simon)
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L’ancien éditorialiste d’extrême droite Éric Zemmour, qui a déclaré ce mardi 30 novembre sa candidature à la présidentielle française de 2022, a été condamné à deux reprises pour provocation à la discrimination raciale et à la haine religieuse, et a construit sa notoriété à coup de saillies extrémistes et de polémiques.

Immigration

Elle est au cœur du discours d’Éric Zemmour, obsédé par une « identité française » en péril et par le « grand remplacement », une thèse d’extrême droite affirmant qu’un processus délibéré est en cours, visant à substituer la population française et européenne par une population originaire d’Afrique noire et du Maghreb.

« Le grand remplacement n’est ni un mythe ni un complot, mais un processus implacable », écrit-il dans son dernier livre, La France n’a pas dit son dernier mot.

À longueur de discours, il fustige les immigrés « colonisateurs » et lie systématiquement l’immigration à la délinquance et la criminalité.

Il est notamment poursuivi en justice pour avoir qualifié les migrants mineurs de « voleurs », d’« assassins » et de « violeurs » et a déjà été condamné pour avoir déclaré que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes ».

Islam

Issu d’une famille juive algérienne, Éric Zemmour se considère comme un ultranationaliste défenseur de l’héritage et des racines chrétiennes de la France.

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Il répète régulièrement que « l’islam est incompatible avec la France » et appelle les musulmans « à se détacher de l’islam et avoir une pratique ‘’chrétienne’’ de leur religion » en France.

« La crise démographique nous mène soit à une république islamique, soit à une guerre civile », estime-t-il, en répétant que dans certains « quartiers », les Français « vivent comme des étrangers dans leur propre pays ».

Il plaide pour une « remigration », un renvoi des immigrés « qui ne s’assimilent pas ».

Femmes

Dans un pamphlet paru en 2006, Le Premier sexe, en réponse au célèbre livre de Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, Éric Zemmour déplore la « féminisation » et la « dévirilisation » de la société. Cet ouvrage, vendu à plus de 100 000 exemplaires, a marqué le début de l’ascension médiatique du journaliste.

Dans Le Suicide français, paru en 2014, il pleure un temps d’« avant le féminisme », où l’on pouvait « glisser une main concupiscente sur un charmant fessier féminin » sans risquer de poursuite pour harcèlement sexuel.

Zemmour a été accusé ces derniers mois dans la presse de plusieurs agressions sexuelles, sans qu’aucune plainte n’ait été déposée.

Pétain

Le candidat d’extrême droite a été accusé de « révisionnisme » par de nombreux historiens et des rescapés de la Shoah, après avoir tenu des propos visant à réhabiliter le maréchal Pétain.

Dans Le Suicide français, il écrit que Philippe Pétain, qui gouverna la France et collabora avec l’occupant nazi de 1940 à 1944, sauva des juifs français en livrant des juifs étrangers, reprenant la thèse, démentie par l’immense majorité des historiens, de Pétain comme « bouclier » de la France.

« Je dis que Vichy a protégé les juifs français et donné les juifs étrangers », a encore répété récemment Éric Zemmour.

En 1995, le président de droite Jacques Chirac avait pour la première fois reconnu, dans un discours historique, la responsabilité de l’État français dans la déportation de 76 000 juifs vers les camps de la mort.

Homosexualité

Défenseur de la « norme hétérosexuelle », Éric Zemmour considère que l’homosexualité est un « choix ».

En 2019, il avait fustigé le mariage pour tous, légalisé en 2013 sous le président socialiste François Hollande, qui a « détruit la famille », et qualifié le désir d’enfant chez les couples gays de « caprice ».

Il fustige également l’« idéologie LGBT » à l’œuvre selon lui dans les écoles.