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Législatives en France : Macron perd sa majorité absolue

Dans la dernière ligne droite, Emmanuel Macron avait dramatisé l’enjeu de ces élections, affirmant que le conflit en Ukraine touchait le quotidien des Français. Mais ces derniers ne l’ont pas entendu ainsi
La coalition Ensemble ! du président Emmanuel Macron obtiendrait 224 sièges (AFP/Ludovic Martin)
La coalition Ensemble ! du président Emmanuel Macron obtiendrait 224 sièges (AFP/Ludovic Martin)

Le président français Emmanuel Macron a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale (Parlement) après le second tour des élections législatives, un scrutin marqué par une très forte percée de l’extrême droite, selon les estimations.

Ces résultats représentent un revers majeur pour le président français qui devra trouver des alliances pour mettre en œuvre son programme de réformes dans les cinq prochaines années.

Selon les premières estimations des instituts de sondage, la coalition Ensemble ! du président obtient 245 sièges. Soit très loin de la majorité absolue de 289 députés (sur 577) à l’Assemblée nationale.

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Pour sa part, l’alliance de gauche NUPES menée par Jean-Luc Mélenchon remporte 135 députés, et devient le premier groupe d’opposition à l’Assemblée.

Le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen obtient lui 89 députés, ce qui représente dix à quinze fois plus d’élus qu’actuellement.

Sans surprise, ce scrutin, le quatrième en deux mois après la présidentielle, a été boudé par les Français alors qu’une partie du pays subissait une vague de chaleur inédite.

Le taux d’abstention devrait atteindre entre 53,5 % et 54 %, en hausse de plus d’un point par rapport au premier tour (52,49 %), selon les instituts de sondages. Elle n’atteindra toutefois pas le record du second tour de 2017 (57,36%).

89 sièges pour le Rassemblement national

Pour la gauche unie – une première depuis des décennies –, les résultats dimanche soir signifient qu’elle devient le principal bloc d’opposition à l’Assemblée, rôle jusque-là endossé par la droite.

Ce scrutin parachève un long cycle électoral qui aura confirmé une vaste recomposition politique en France autour de trois blocs au détriment des partis traditionnels de droite et de gauche, entamée avec l’élection de M. Macron en 2017.

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Les Français se seront rendus au total aux urnes pas moins de quatre fois en deux ans, dans un contexte de crises successives, de la pandémie de covid-19 à la guerre en Ukraine à la hausse de l’inflation et des menaces sur l’économie.

Dans la dernière ligne droite, Emmanuel Macron avait dramatisé l’enjeu, disant que le conflit en Ukraine touchait le quotidien des Français et insistant sur le « besoin d’une France vraiment européenne qui puisse parler d’une voix claire et nette ».

Il avait aussi brandi l’épouvantail des « extrêmes », dont la victoire viendrait selon lui semer le « désordre » en France, les accusant de vouloir sortir de l’Union européenne.

Mais les Français ne l’ont pas entendu ainsi.

Pour Marine Le Pen, déjà finaliste à la présidentielle, c’est un succès incontestable : son parti progresse et dépasse largement la barre des quinze députés pour former un groupe à l’Assemblée nationale, pour la deuxième fois dans l’histoire du parti, après 1986.

Quant à la droite classique, elle sauve les meubles avec une soixantaine de députés, et devrait se retrouver en position d’arbitre dans la future Assemblée.

Pour Marine Le Pen, déjà finaliste à la présidentielle, c’est un succès incontestable : son parti progresse et dépasse largement la barre des quinze députés pour former un groupe à l’Assemblée nationale

La journée avait mal commencé pour la majorité présidentielle avec l’échec en Guadeloupe de la secrétaire d’État chargée de la Mer, Justine Benin, battue par le candidat de gauche.

Conformément à une règle non écrite mais déjà appliquée en 2017 par Emmanuel Macron, Mme Benin devra, à peine nommée, quitter le gouvernement.

Cela pourrait aussi être le cas de plusieurs autres ministres, dont Clément Beaune (Europe), Amélie de Montchalin (Transition écologique) ou Stanislas Guerini (Fonction publique), chef du parti présidentiel, engagés dans des duels serrés face à la gauche en région parisienne. En revanche, la Première ministre Élisabeth Borne a remporté son duel en Normandie.