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Guerre Israël-Palestine : le système de santé de Gaza va « rendre son dernier souffle » dans quelques heures

Alors que les frappes aériennes israéliennes pilonnent sans discontinuer l’enclave assiégée, pour le neuvième jour consécutif, un Palestinien est tué toutes les cinq minutes à Gaza, a indiqué le ministère de la Santé
« Le personnel médical soigne les blessés au sol. Littéralement au sol », a rapporté à Middle East Eye un médecin généraliste (AFP)
« Le personnel médical soigne les blessés au sol. Littéralement au sol », a rapporté à Middle East Eye un médecin généraliste (AFP)
Par MEE

« Nous ne quitterons l’hôpital qu’au paradis. Le monde a échoué, mais nous ne laisserons pas notre peuple tout seul. »

À Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, au point le plus proche de la frontière égyptienne, le directeur de l’hôpital géré par l’association caritative internationale Al-Rama (Koweït) refuse de se plier aux consignes des Israéliens qui ont demandé l’évacuation de l’hôpital. Il rappelle qu’« à l’hôpital, il n’y a que des civils ».

Traduction : « Un médecin palestinien, qui travaille dans un hôpital de Gaza, apprend la mort tragique de son fils à la suite d’une frappe aérienne israélienne. »

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que l’évacuation forcée de plus de 2 000 patients des hôpitaux du nord vers les établissements débordés du sud pourrait être « l’équivalent d’une condamnation à mort ». Ces patients sont aussi bien des personnes grièvement blessées que des adultes, enfants et nouveau-nés qui dépendent des soins intensifs.

Le système de santé de Gaza « rend son dernier souffle au milieu des massacres israéliens » et devrait s’effondrer totalement dans quelques heures, a annoncé dimanche 15 octobre le ministère palestinien de la Santé.

Traduction : « ‘’Nous avons reçu des corps d’enfants sans tête’’. ‘’Leurs corps étaient en morceaux’’. Khalil Degran, médecin à l’hôpital des martyrs d’al-Aqsa, dans le sud de Gaza, s’adresse à Anadolu alors que les attaques israéliennes se poursuivent sur le territoire palestinien assiégé. »

Fosses communes

À l’hôpital al-Chifa de Gaza, les médecins essaient de naviguer à travers les Palestiniens blessés soignés à même le sol tandis que des gémissements et des cris de douleur résonnent près de la salle d’urgence. Le personnel de l’hôpital s’attelle à nettoyer le carrelage maculé de sang entre les blessés, tandis qu’une forte odeur de chlore flotte dans l’air.

« Le personnel médical soigne les blessés au sol. Littéralement au sol », a rapporté à Middle East Eye un médecin généraliste qui travaillait auparavant à l’hôpital.

Alors que les frappes aériennes israéliennes pilonnent sans discontinuer l’enclave assiégée, pour le neuvième jour consécutif, un Palestinien est tué toutes les cinq minutes à Gaza, a indiqué le ministère de la Santé.

Depuis le 7 octobre, 2 239 Palestiniens ont été tués, dont 724 enfants et 458 femmes. Il y a aussi près de 10 000 autres personnes blessées.

Les autorités palestiniennes vont commencer à enterrer les victimes des bombardements dans des fosses communes car les corps s’entassent dans les hôpitaux (AFP/Said Khatib)
Les autorités palestiniennes vont commencer à enterrer les victimes des bombardements dans des fosses communes car les corps s’entassent dans les hôpitaux (AFP/Said Khatib)

« Le monde sera horrifié par ce qui va se produire dans quelques heures », a déclaré à Al Jazeera un porte-parole du ministère de la Santé.

« Nous appelons le monde à prendre des mesures immédiates pour ouvrir un couloir humanitaire sûr afin d’acheminer l’aide vers les hôpitaux. Si l’aide et le carburant n’arrivent pas dans les prochaines heures, les hôpitaux s’effondreront. »

Les autorités palestiniennes vont commencer à enterrer les victimes des bombardements dans des fosses communes car les corps s’entassent dans les hôpitaux, a déclaré le bureau des médias du gouvernement basé à Gaza.

Le ministère de la Santé avait précédemment averti qu’il craignait que le nombre écrasant de corps et de blessés dans les hôpitaux entraîne la propagation de maladies.

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