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Irak : le voile des fillettes à l’école crée la polémique

Des Irakiennes s’insurgent contre l’obligation du port du voile imposée à des fillettes dans certaines écoles
Les militantes féministes exigent du ministère de l’Éducation d’adopter une position claire et publique sur l’obligation faite aux jeunes élèves de porter le voile à l’école dans certaines établissements (AFP/Ahmad al-Rubaye)
Les militantes féministes exigent du ministère de l’Éducation d’adopter une position claire et publique sur l’obligation faite aux jeunes élèves de porter le voile à l’école dans certains établissements (AFP/Ahmad al-Rubaye)
Par MEE

Militantes ou simples citoyennes en Irak ont lancé une campagne massive sur les réseaux sociaux contre ce qu’elles considèrent comme des obligations de porter le voile imposées aux jeunes filles dans certains établissements scolaires. 

Le trend « non au voile obligatoire » s’est propulsé au sommet des tendances sur les réseaux sociaux en Irak, où sont publiés des messages à l’attention du ministère de l’Éducation afin d’empêcher cette obligation et punir ceux qui veulent l’imposer aux petites filles.

Contactée par BBC Arabic, la journaliste et auteure féministe Hiba Alnnayib a expliqué que cette campagne sur les réseaux sociaux visait « à faire respecter toutes les opinions et les convictions et à faire accepter la diversité des groupes composant la société irakienne ».

« Le port du voile est une liberté individuelle. En principe, les écoles devraient encourager le respect des droits de tout le monde quelles que soient leurs orientations religieuses ou culturelles, et non le contraire », a ajouté la militante.

Pour cette dernière, c’est « l’augmentation des cas d’obligation à porter le voile dans les écoles et le silence du ministère de l’Éducation qui ont poussé de nombreuses personnes à se manifester sur les réseaux sociaux ».

Traduction : « L’école al-Dhoha à Karbala oblige des mineures à se voiler. Leur enseignante leur raconte des histoires de torture : comment brûlera une petite fille en enfer si elle ne porte pas le voile. Elle pousse à attaquer les fillettes, à les agresser verbalement et les menace de rater leur année. Est-ce ainsi qu’on pratique la bonne religion, avec la force ? »

« Ces pratiques émanent d’initiatives personnelles de certains enseignants ou directeurs d’école car ils suivent des partis politiques islamistes qui œuvrent à mettre les femmes dans des carcans pour mieux les dominer », ajoute la militante féministe, qui multiplie les interventions sur les chaînes de télévision irakiennes.  

Dina al-Ayouybi, fondatrice du mouvement « Les femmes pour les femmes », qui a lancé la campagne, a également témoigné auprès de la BBC Arabic au sujet des punitions qui attendent les fillettes récalcitrantes : « Elles sont menacées d’être transférées vers d’autres établissements, elles sont victimes d’agression et sont obligées de faire des travaux de nettoyage, elles risquent aussi l’exclusion ou de voir leurs notes dévaluées… »

Son mouvement exige du ministère de l’Éducation d’adopter une position claire et publique sur ce phénomène.

En février dernier, ce dernier avait démenti avoir donné l’instruction du port du voile obligatoire dans les écoles, précisant qu’il s’agissait des libertés individuelles des élèves et de leurs parents. « Si une école a effectivement émis ce genre d’obligation, alors il ne s’agirait que d’une orientation interne », a conclu le ministère.

Mais des internautes se sont opposés à cette campagne, estimant que le voile restait une question d’obligation religieuse sans lien avec la question des libertés.

Traduction : « Tu es musulmane et le voile est une obligation pleine et entière. Sinon tu renies la religion et tu t’habilles autrement. Tu n’es finalement pas une musulmane mais tu vis dans un État musulman dont la Constitution est l’islam. Si tu n’es pas satisfaite, va vivre dans les pays des impies. »

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