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« Crime de guerre » : Israël largement condamné pour une démolition à Sheikh Jarrah

Pour les ONG internationales et les groupes palestiniens, les destructions à Jérusalem-Est représentent une violation du droit international
Un Palestinien tient les restes d’un réfrigérateur recouvert de photos de famille sur les ruines de la maison rasée de la famille Salhiya (Reuters)
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Israël a été très critiqué pour la démolition d’une maison palestinienne dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée

Les groupes palestiniens et organisations internationales de défense des droits de l’homme condamnent la démolition de la maison familiale des Salhiya, qui a laissé dix-huit sans-abris dont des enfants, qualifiant cet acte de « crime de guerre ».

La maison a été rasée très tôt mercredi dans une grande opération au cours de laquelle les forces israéliennes ont violemment fait irruption dans la maison de Mahmoud Salhiya, avant de l’arrêter, lui et un certain nombre de ses proches et partisans. 

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Cela faisait suite à un avis d’expulsion délivré par la municipalité israélienne de Jérusalem faisant valoir que les Salhiya n’avaient aucun droit sur ce terrain. 

Mahmoud explique que la famille possédait la maison et y vivait depuis plusieurs générations, depuis leur expulsion d’Ein Karem par les milices sionistes en 1948, lors de la Nakba palestinienne (catastrophe), au cours de laquelle environ 750 000 Palestiniens ont été déplacés par la force pour créer l’État d’Israël.

À l’annonce de la démolition et au vu des images des ruines de la maison, Human Rights Watch (HRW) a qualifié l’expulsion des Salhiya et la destruction de leur maison de « crime de guerre ». 

« Les Salhiya ont été expulsés de leur maison d’Ein Karem lors de la Nakba en 1948 et n’ont pas le droit de la reprendre en vertu du droit israélien », indique Omar Shakir, directeur de HRW pour Israël et la Palestine, dans un communiqué publié sur Twitter

« Ces actes cruels font des Salhiya des réfugiés pour la seconde fois. Voilà ce à quoi ressemblent l’apartheid et la persécution. »

Ir Amim, une importante organisation de défense des droits de l’homme israélienne, considère que cette démolition est un « acte inexcusable et une infraction au [droit international] ». 

« Sous les yeux du monde, [les autorités israéliennes] ont choisi de déposséder cyniquement une famille palestinienne pour construire une école pour les enfants aux besoins particuliers sur les ruines de leurs maisons », déplore l’ONG. 

Traduction : « Les autorités israéliennes avaient le pouvoir d’empêcher cet acte inexcusable et cette infraction au droit international. On leur a présenté de multiples options qui auraient permis à la famille Salhiya de rester en toute sécurité dans leurs maisons. »

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), une organisation humanitaire indépendante, a fait écho à ces critiques.

« L’expulsion de la famille constitue une violation manifeste du droit international, qui interdit le déplacement forcé en territoire occupé », a tweeté l’ONG. 

« En tant que puissance occupante à Jérusalem-Est, les autorités israéliennes ont le devoir d’assurer la sécurité et la protection de la population palestinienne. »

Appel à protéger les maisons

Lundi, une délégation de diplomates européens s’était rendue sur place lors d’une confrontation avec les forces israéliennes qui tentaient de procéder à la démolition.

Sven Kühn von Burgsdorff, chef de la mission de l’UE dans les territoires palestiniens, avait alors déclaré que « dans les territoires occupés, les expulsions sont une atteinte au droit international humanitaire ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a également qualifié la démolition de mercredi de « crime de guerre » et exhorté les États-Unis à « obliger le gouvernement de l’occupation israélienne à mettre un terme à la politique de nettoyage ethnique contre le peuple palestinien », selon un communiqué publié par l’agence de presse officielle Wafa.

Le mouvement palestinien Hamas a qualifié l’incident d’« escalade dangereuse dans l’actuelle guerre d’occupation contre la ville de Jérusalem et les Jérusalémites ».

Muhammad Hamadeh, représentant du mouvement à Jérusalem, a appelé les habitants à continuer à protéger leurs maisons contre les démolitions, rapporte l’agence turque Anadolu

« Ce crime ne mettra pas à mal la détermination et la résolution de notre peuple à Jérusalem », assure Hamadeh.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.