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Israël : nouvelles révélations sur les massacres de Palestiniens lors de la Nakba en 1948

Des procès-verbaux officiels récemment rendus publics décrivent trois massacres avec force détails macabres
Des membres du groupe paramilitaire de la Haganah escortent des Palestiniens expulsés de Haïfa après la prise de contrôle par les forces juives en avril 1948 (AFP)
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Des documents récemment découverts mettent en lumière le massacre de Palestiniens pendant la guerre de 1948 qui a conduit à la création de l’État d’Israël

D’après des lettres de soldats, des mémoires contemporains inédits, des procès-verbaux de réunions de partis politiques et d’autres documents historiques, Haaretz et l’Akevot Institute for Israeli-Palestinian Conflict Research révèlent les détails de trois massacres commis par les forces israéliennes dans les villages de Reineh, Méron et al-Burj.

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Ces documents montrent par ailleurs que d’importants dirigeants israéliens « étaient au courant en temps réel des événements sanglants qui ont accompagné la conquête des villages arabes ».

Au cours des événements que les Palestiniens appellent Nakba (« catastrophe »), les soldats israéliens ont tué des Palestiniens ou les ont chassés de leurs terres.

En octobre 1948, les forces israéliennes composées de milices sionistes comme la Haganah, le Léhi et l’Irgoun ont lancé deux offensives dans le sud et le nord de la Palestine sous mandat britannique.

La première, l’opération Hiram, a balayé la Galilée en trois jours, jusqu’à atteindre des villages au Liban. La seconde, l’opération Yoav, s’est déroulée dans le sud du pays.

Pillage et tuerie à Reineh

L’occupation de la Galilée a entraîné l’expulsion de la moitié de sa population palestinienne et la fuite de celle-ci vers la Syrie, la Jordanie et le Liban.

Il ne restait que 120 000 Palestiniens dans la région, où de lourdes batailles se sont poursuivies entre une armée de volontaires connue sous le nom d’Armée du Salut et les milices sionistes.

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Les archives historiques israéliennes révèlent que quatorze Palestiniens ont été massacrés en septembre 1948 dans le village galiléen de Reineh, près de Nazareth.

Reineh est tombée aux mains des forces israéliennes en juillet 1948. Selon Haaretz, l’un des quatorze Palestiniens tués, Yusuf al-Turki, était membre de l’Alliance des travailleurs de la Terre d’Israël. Cela n’a pas suffi à l’épargner.

Turki, ainsi qu’une bédouine et plusieurs personnes, a été arrêté près de Reineh, accusé d’être un passeur, puis tué, révèlent les procès-verbaux des archives israéliennes.

Mais Reineh n’a pas été le seul massacre.

Al-Burj

Hajj Ibrahim était un Palestinien qui travaillait dans une cuisine militaire appartenant aux forces israéliennes à al-Burj, une ville palestinienne occupée par Israël en juillet 1948 à une quinzaine de kilomètres à l’est de Ramla. Aujourd’hui, la colonie de Modiin se dresse à sa place.

Un document, dont l’auteur est inconnu, révèle la mort horrible de Hajj Ibrahim ainsi que celle d’« une vieille femme malade et d’un autre vieil homme et d’une femme ».

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Les soldats israéliens ont demandé à Hajj Ibrahim d’aller chercher des légumes afin qu’il ne soit pas témoin de ce qui allait se passer, « les trois [Palestiniens] ont été emmenés dans une maison isolée ».

« Puis, un obus antichar a été tiré [sur eux]. L’obus ayant raté la cible, six grenades à main ont été lancées dans la maison. Ils ont tué un vieil homme et une femme, la vieille femme a été exécutée par arme à feu », précise le document.

« Ensuite, ils ont incendié la maison et brûlé les trois corps. Lorsque Hajj Ibrahim est revenu avec son escorte, on lui a dit que les trois autres avaient été envoyés à l’hôpital de Ramallah. Apparemment, il n’a pas cru à cette histoire et, quelques heures plus tard, il a été exécuté lui aussi, de quatre balles. »

Mont Méron

D’autres atrocités contre les Palestiniens sont dévoilées dans un document rédigé par Shmuel Mikunis, un membre communiste du Conseil d’État provisoire (qui deviendra la Knesset), demandant des éclaircissements au Premier ministre David Ben Gourion sur les actes commis par les milices de l’Irgoun.

Il s’agit notamment du meurtre de trente-cinq Palestiniens après qu’ils eurent hissé un drapeau blanc ; l’arrestation de civils palestiniens (dont des femmes et des enfants) qui ont été obligés de creuser une fosse, y ont été poussés, puis abattus ; le viol d’une jeune fille par des membres de l’Irgoun ; et le meurtre de treize ou quatorze enfants palestiniens qui jouaient avec des grenades.

Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, est resté évasif. Dans la même question parlementaire, Mikunis a fourni une description détaillée de deux massacres commis en l’espace de deux jours dans le village libanais de Hula.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.