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Trois séries en arabe à regarder sur Netflix en octobre

Middle East Eye vous recommande une anthologie de courts métrages saoudiens, une fiction inspirée d’un soulèvement paysan au Liban et une série qui se déroule dans le Caire des années 1960
Wasati fait partie de Six regards sur le désert, une anthologie de courts métrages saoudiens (capture d’écran Netflix)
Wasati fait partie de Six regards sur le désert, une anthologie de courts métrages saoudiens (capture d’écran Netflix)

L’été est derrière nous, les jours raccourcissent, et nous sommes nombreux à rester chez nous en soirée et à chercher à nous divertir.

Heureusement, les plateformes de streaming ont beaucoup à offrir en provenance du monde arabe pour combler les nuits d’automne.

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Netflix, par exemple, dispose d’une solide bibliothèque de productions originales et d’acquisitions du Moyen-Orient.

Celle-ci va des feuilletons traditionnels à la fiction expérimentale, de l’action explosive aux séries qui s’étirent.

Mais avec tant de choix, le risque est grand de passer plus de temps à parcourir le catalogue qu’à regarder quelque chose. C’est pourquoi Middle East Eye vous donne ses trois recommandations pour octobre.

Ces suggestions reposent sur le catalogue britannique de Netflix et certaines séries peuvent ne pas être disponibles dans d’autres pays.

Six regards sur le désert

Anthologie de six courts métrages de réalisateurs saoudiens, Six regards sur le désert s’attèle à des sujets auxquels est confrontée la jeunesse du pays alors que ses dirigeants se trouvent à la croisée des chemins de la tradition et du progrès.

Chaque épisode s’intéresse à des sujets tels que l’extrémisme, les interactions homme-femme et la psyché humaine. Sur les six épisodes, deux ressortent particulièrement : Wasati (Modéré) d’Ali Kalthami et Sumiyati ira-t-elle en enfer ? de Meshal al Jaser.  

Basé sur des événements réels, Wasati rapporte en détail comment des intellectuels religieux attaquent une pièce de théâtre intitulée Wasati bela Wastiah (Un modéré sans compromis) et produite par des étudiants de l’université d’al-Yamamah à Riyad en 2006. 

Ali Kalthami aborde la campagne des intellectuels contre cette production de manière comique, alors qu’ils attaquent les acteurs sur scène, provoquant un scandale considérable à travers le pays et un déchaînement médiatique.

Wasati est une critique de l’establishment religieux saoudien (Ithra Film Production)
Wasati est une critique de l’establishment religieux saoudien (Ithra Film Production)

Racontée du point de vue de Layan, la benjamine d’une famille saoudienne, Sumiyati ira-t-elle en enfer ?  explore la relation entre la domestique éponyme et la famille qui l’emploie.

Sumiyati a du mal à gérer ses pénibles conditions de travail – elle est enfermée pour l’empêcher de fuir – et le racisme cinglant de ses employeurs.

Sumiyati ira-t-elle en enfer ? examine le traitement des employés de maison en Arabie saoudite (Telfaz 11)
Sumiyati ira-t-elle en enfer ? examine le traitement des employés de maison en Arabie saoudite (Telfaz 11)

Dans la scène clé, Layan fait écho aux préjugés religieux de sa mère, prévenant la domestique qu’elle ira en enfer si elle ne se convertit pas à l’islam. L’innocence sous-jacente de la petite fille devient cependant un moyen de remettre en question l’absurdité d’oppresser ainsi d’autres êtres humains.

Ce court métrage critique le système de kafala qui a court en Arabie saoudite et lie le sort des employés de maison au bon vouloir de leurs employeurs.

Peasants' Rebellion

Nous sommes au milieu du XIXe siècle au Liban et un paysan maronite, Tanyus Shahin, mène un soulèvement contre les seigneurs féodaux. Peasants’ Rebellion raconte sa lutte.

Cette série en 61 épisodes s’inspire d’une véritable rébellion (Eagle Films)
Cette série en 61 épisodes s’inspire d’une véritable rébellion (Eagle Films)

Sans tomber dans l’idéalisation excessive ou le mélodrame, cette série montre Shahin tenter d’obtenir la dignité et la justice sociale pour les paysans, endossant un personnage à la Robin des Bois tandis qu’il fait payer aux élites leur exploitation et leur cruauté.

La bande originale du compositeur syrien Iyad Rimawi saisit parfaitement l’atmosphère de la courageuse campagne des paysans pour la justice et magnifie la personnalité réfractaire de Shahin.

Au-delà du conflit entre les rebelles et les propriétaires terriens, cette série plonge également dans les jeux de pouvoir fratricides entre les différents clans de l’élite.

Avec ses 61 épisodes disponibles sur Netflix, cette série devrait vous occuper un moment.

Cairo Class

Cairo Class était à l’origine un programme pour le Ramadan. Elle raconte l’histoire d’un groupe de Koweïtiennes à l’université du Caire. Là-bas, elles s’embarquent dans un certain nombre d’aventures, du style romance et découverte de soi. 

Cette série sociale, qui se déroule dans les années 1960, dépeint la complexité de la vie pour une femme qui étudie à l’étranger, soulignant les difficultés des personnages sous influence de l’amour et de familles étouffantes. Chaque membre du groupe s’embarque dans sa propre aventure, sans protagoniste clair.

Cairo Class dépeint la vie complexe des Koweïtiennes qui étudient à l’étranger dans les années 1960 (MBC)
Cairo Class dépeint la vie complexe des Koweïtiennes qui étudient à l’étranger dans les années 1960 (MBC)

Le programme plonge également dans les dynamiques politiques de la région, des années 1950 à 1960, couvrant l’essor de Gamal Abdel Nasser en Égypte ainsi que la guerre des Six Jours en 1967 entre les États arabes, emmenés par l’Égypte, et Israël

Après la défaite du pays, l’atmosphère de la série s’assombrit, reflétant le pessimisme qui régnait sur le monde arabe après la perte du Sinaï, du plateau du Golan et des territoires palestiniens de Jérusalem-Est, Gaza et de Cisjordanie.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.