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Qatar 2022 : un responsable qatari juge « injustes » les critiques envers la Coupe du monde

Pour Nasser al-Khater, responsable de l’organisation de la Coupe du monde, « le nombre d’avancées réalisées lors des neuf dernières années est assez extraordinaire »
L’Organisation internationale du travail (OIT) a affirmé que 50 travailleurs immigrés sont morts au Qatar en 2020 (AFP/Giuseppe Cacace)
L’Organisation internationale du travail (OIT) a affirmé que 50 travailleurs immigrés sont morts au Qatar en 2020 (AFP/Giuseppe Cacace)

La Coupe du monde au Qatar a été « traitée de manière injuste et scrutée » depuis des années, a déploré son directeur exécutif samedi, s’en prenant à ses détracteurs, alors que les critiques ont été nombreuses au sujet des violations faites aux droits humains dans le pays.

« Le Qatar a été traité de manière injuste et scruté depuis des années », a affirmé Nasser al-Khater aux médias, à un an et un jour du début de la compétition.

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Le patron de l’organisation du Mondial 2022 (21 novembre - 18 décembre) a expliqué que le Qatar n’avait pas bénéficié de suffisamment de crédit par rapport aux réformes du travail engagées afin d’améliorer les conditions de travail de ses ouvriers issus de l’immigration, majoritairement en provenance d’Asie.

D’après les autorités qataries, trois personnes sont mortes depuis 2014 lors d’accidents sur les sites liés à la Coupe du monde, et 39 autres ont perdu la vie lors d’incidents « non liés au travail ».

L’Organisation internationale du travail (OIT) a dévoilé des chiffres vendredi, faisant état de 50 travailleurs immigrés morts au Qatar en 2020, et plus d’un demi-millier grièvement blessés.

Le rapport dévoilé par l’OIT souligne aussi l’existence de différences dans la collecte de données, et recommande plus d’investigations concernant les morts considérées comme non liées au travail.

Une enquête menée par Amnesty International avait par ailleurs montré cet été qu’au moins 70 % des décès entre 2010 et 2019 n’avaient pas fait l’objet d’une enquête et restaient inexpliqués, bien que le système de santé du Qatar soit en mesure de chercher les causes de ces morts. 

La plupart de ces décès, en majorité parmi les ouvriers du bâtiment originaires d’Asie du Sud, entre 30 et 40 ans, ont été enregistrés comme des morts de causes naturelles – certaines familles endeuillées passent donc à côté d’indemnisations potentielles et restent avec des questions sans réponse. 

Aucune discrimination visant les homosexuels

En février, Doha avait farouchement démenti des informations du quotidien britannique The Guardian chiffrant à plus de 6 500 le nombre de travailleurs immigrés morts au Qatar depuis 2010.

« Il y a des critiques, oui, mais le travail doit être fait. Il y a malgré tout beaucoup de progrès », a poursuivi Nasser al-Khater.

L’émirat du Golfe a annoncé plusieurs réformes depuis l’attribution du Mondial en 2010, notamment l’instauration d’un salaire minimum et la possibilité de changer plus facilement d’employeur. Mais leur mise en œuvre se fait attendre, selon les critiques.

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« Le nombre d’avancées réalisées lors des sept, huit, neuf dernières années est assez extraordinaire. Mais malheureusement, les gens n’aiment pas parler de cela », estime le dirigeant qatari.

Plusieurs sélections européennes ont mis en avant la détresse des travailleurs immigrés au Qatar lors des qualifications pour le Mondial, et cette thématique a également été soulevée par le champion du monde de F1 Lewis Hamilton lors du Grand Prix du Qatar cette semaine.

Plus de deux millions d’étrangers travaillent au Qatar, dont une grande partie est employée directement ou indirectement pour les vastes projets liés à la Coupe du monde.

Nasser al-Khater a également assuré que les membres de la communauté LGBTQI+ seront les bienvenus au Qatar lors du Mondial, et que les couples homosexuels pourront partager la même chambre d’hôtel, en dépit des lois punissant l’homosexualité dans le pays.

« Tout le monde sera le bienvenu ici, tout le monde se sentira en sécurité. Tout le monde profitera de la Coupe du monde », a-t-il asséné, avant d’affirmer : « Il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter d’une quelconque persécution. »