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La Syrie peut réintégrer la Ligue arabe sous certaines conditions, selon le ministre égyptien des Affaires étrangères

Sameh Choukri estime que la Syrie doit « jouer son rôle traditionnel de soutien de la sécurité nationale arabe »
Le ministre égyptien des Affaires étrangères s’est rendu à Washington cette semaine pour le dialogue stratégique égypto-américain avec l’administration Biden (AFP)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères s’est rendu à Washington cette semaine pour le dialogue stratégique égypto-américain avec l’administration Biden (AFP)
Par MEE à WASHINGTON, États-Unis

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri considère que la Syrie peut retrouver son statut au sein de la Ligue arabe et normaliser totalement ses relations si elle est en mesure de jouer son « rôle traditionnel » de soutien à la sécurité régionale arabe.

S’exprimant au Wilson Center mardi à l’occasion de sa visite de deux jours à Washington pour le dialogue stratégique égypto-américain avec l’administration Biden, Choukri a affirmé que « la Syrie est un partenaire très important de la sécurité nationale arabe ».

Il a précisé que le gouvernement syrien doit montrer qu’il peut gérer les conséquences des dix années de conflit dans le pays, notamment « sa dimension humanitaire ainsi que le problème des réfugiés ».

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« Lorsque nous constaterons que c’est bien le cas, je suis sûr que la Syrie réintègrera la Ligue arabe et le giron arabe », a-t-il soutenu. 

« Nous espérons qu’elle pourra reprendre sa position et jouer son rôle traditionnel de façon à soutenir la paix et la sécurité de la région. »

La Syrie a été suspendue de la Ligue arabe, qui compte 22 membres, en novembre 2011, en raison de la guerre civile.

Déclenchée par la répression brutale des manifestations antigouvernementales cette année-là, la guerre a tué 500 000 personnes selon les estimations et en a déplacé des millions.

Cependant, ces derniers mois, plusieurs pays arabes ont commencé à renouer avec le gouvernement syrien, notamment l’Égypte, la Jordanie les Émirats arabes unis (EAU). Le ministre émirati des Affaires étrangères, Abdallah ben Zayed, s’est rendu à Damas mardi et a rencontré le président syrien Bachar al-Assad.

Électricité vers le Liban

En septembre, les ministres égyptien, syrien et libanais de l’Énergie se sont réunis et ont signé un accord négocié par les Américains pour le transport de gaz égyptien via la Jordanie et la Syrie à destination du Liban pour la production d’électricité, autre signe du retour de Damas sur la scène régionale.

La Syrie reste instable et plombée par la pauvreté et les sanctions occidentales, mais Assad contrôle la plupart du territoire, ce qui fait de lui un allié viable dans la région malgré l’animosité qui a régné entre lui et les dirigeants arabes.

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Mais les États-Unis constituent un obstacle majeur : ils ont adopté la loi César, une loi conçue pour entraver les échanges du gouvernement syrien avec l’extérieur et ses efforts de reconstruction.

Le sénateur républicain Jim Risch, membre important de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, a vivement critiqué la rencontre de mardi entre ben Zayed et Assad.

« Il est honteux qu’un nombre croissant de pays soient ouverts à la normalisation des relations avec Assad », a écrit Risch sur Twitter.

« Les EAU et les autres pays qui ferment les yeux sur les violences actuelles contre les civils syriens devraient œuvrer à l’application de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU avant d’adopter d’autres mesures en vue d’une normalisation. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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