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Selon Trump, les Américains de confession juive « n’aiment pas Israël »

L’ancien président américain affirme que le « pouvoir absolu [d’Israël] sur le Congrès » a disparu et fait porter le chapeau aux électeurs juifs et aux législateurs démocrates
L’ancien président américain Donald Trump prétend que les chrétiens évangéliques sont plus fidèles à Israël que les Américains de confession juive (AFP)
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Dans une interview enregistrée qui a circulé sur les réseaux sociaux vendredi, l’ancien président américain Donald Trump affirme que les juifs américains « n’aiment pas Israël ».

« Aux États-Unis, les juifs n’aiment pas Israël ou s’en fichent », a déclaré Trump dans une interview avec le journaliste israélien Barak Ravid, auteur de l’ouvrage Trump’s Peace: The Abraham Accords and the Reshaping of the Middle East.

L’ancien dirigeant reproche à de nombreux juifs américains leur façon de voter. « Israël avait autrefois un pouvoir absolu sur le Congrès et je pense qu’aujourd’hui, c’est l’exact opposé », estime-t-il.

Pour Trump, son prédécesseur Barack Obama et le président Joe Biden (tous deux démocrates) sont responsables de ce qu’il affirme être le manque de soutien du Congrès à Israël, ajoutant : « Pourtant aux élections, ils recueillent beaucoup de voix chez les juifs. »

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Ces dernières années, d’aucuns disent que le Parti démocrate revient lentement sur son soutien à Israël, un fondement de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient depuis des décennies. 

Ils pointent les actes des législateurs démocrates progressistes, comme Ilhan Omar et Rashida Tlaib, qui ont cherché à mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël et sont apparus comme des farouches détracteurs des politiques du gouvernement israélien envers les Palestiniens.

Tlaib et Omar ont soumis des propositions de lois en soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) mené par les Palestiniens, mais elles n’ont pas su obtenir le soutien de leur parti au sens large. 

Beaucoup estiment que Ilhan Omar et Rashida Tlaib représentent une petite frange du Parti démocrate, dont la majorité tient encore au soutien américain à Israël. 

Plus tôt cette année, le Congrès dominé par les démocrates a adopté un projet de loi de défense colossal qui englobe l’aide américaine à Israël et notamment le réapprovisionnement de son système de défense, le Dôme de fer.

Ces critiques de Trump à l’égard des juifs américains qui votent démocrate sont loin d’être les premières. En 2019, alors président, il avait déclaré que les juifs qui votaient démocrate étaient coupables d’ignorance et faisaient preuve d’un « grand manque de loyauté ».

« Les chrétiens évangéliques aimaient davantage Israël » 

Les Américains de confession juive, qui représentent seulement 2,4 % de la population des États-Unis, sont depuis longtemps des électeurs sur lesquels les démocrates peuvent compter.

Selon un sondage récent du Pew Research Center, environ 70 % des juifs américains s’identifient comme démocrates ou penchent pour les démocrates. 

Mais ce même sondage montre également des signes de l’émergence d’un schisme entre les juifs orthodoxes, qui ont tendance à être plus jeunes, et d’autres groupes confessionnels dont les adeptes prennent de l’âge.

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En 2020, 75 % des juifs orthodoxes s’identifiaient comme républicains et soutenaient majoritairement le président de l’époque, Donald Trump.

Trump a également déclaré à Ravid que les « chrétiens évangéliques aimaient davantage Israël que les juifs de ce pays ». 

Les chrétiens évangéliques ont été une constituante clé de la victoire de Trump en 2016 et ont revoté majoritairement pour lui en 2020. Ils sont perçus comme des supporters fiables du soutien américain à Israël, bien qu’un récent sondage montre que cela pourrait changer chez les plus jeunes. 

Dans cette interview, Trump s’en prend également au New York Times, déclarant qu’il « hait Israël », et attire l’attention sur le fait que des « juifs » dirigent le journal, en référence aux origines juives de la famille qui le publie. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.