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Irak : la France voit dans le retrait américain une chance de gagner en influence

Macron espérait que la conférence de Bagdad serait le tremplin de ses ambitions en tant que médiateur régional. Mais des responsables irakiens et américains pensent que les Français n’en ont pas l’étoffe
Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi avec le président français Emmanuel Macron lors de leur visite du mausolée de l’imam Moussa al-Kazim à Bagdad (Reuters)
Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi avec le président français Emmanuel Macron lors de leur visite du mausolée de l’imam Moussa al-Kazim à Bagdad (Reuters)

À Bagdad, le compte à rebours est lancé. 

Les États-Unis se sont engagés à retirer leurs forces d’Irak d’ici la fin de l’année, et beaucoup se demandent qui voudra – ou pourra – combler le vide laissé par Washington.

Samedi 28 août, Emmanuel Macron a commencé à plaider en faveur de la France. Le président français cherche à dépeindre Paris comme un partisan et un allié stratégique du gouvernement de Bagdad, relèvent pour Middle East Eye des responsables irakiens et américains. Le sommet régional organisé dans la capitale irakienne était le point de départ idéal.

Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi discute avec le président français Emmanuel Macron lors de leur visite du mausolée de l’imam Moussa al-Khadim à Bagdad (Reuters)
Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi discute avec le président français Emmanuel Macron lors de leur visite du mausolée de l’imam Moussa al-Khadim à Bagdad (Reuters)

Les relations franco-irakiennes sont jugées bonnes et stables. 

La France fut parmi les premiers pays à reconnaître le nouveau système politique, malgré son refus de prendre part à la coalition militaire internationale menée par les États-Unis pour renverser Saddam Hussein en 2003.

Elle arrive juste après les États-Unis en termes de personnel déployé en Irak dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe État islamique, et c’est un membre clé de l’OTAN.

Pour la France, le prochain retrait américain est l’occasion de s’ancrer en Irak et d’établir un tremplin pour étendre son influence au Moyen-Orient, contrebalancer l’influence iranienne et rivaliser avec la Turquie, alliée au sein de l’OTAN avec laquelle elle est souvent en désaccord

« Faire pression sur la Turquie »

Les Français pensent que, après des décennies de guerre, de faiblesse et de tumulte, l’Irak est prêt à les accueillir, leur fournira une base pour construire des ponts économiques et politiques avec les pays de la région, indiquent des responsables Irak.

Samedi, la Conférence de Bagdad pour la coopération et le partenariat a marqué le lancement de ce projet. C’est la « porte officielle » par laquelle la France est entrée en Irak pour se présenter comme « un partenaire du gouvernement irakien dans ses inquiétudes et un sponsor des intérêts internationaux et régionaux de l’Irak », comme l’a formulé un responsable irakien. 

À cette conférence, Macron a déclaré lors d’une conférence de presse télévisée que la France resterait présente en Irak pour combattre le terrorisme « qu’importe les choix des Américains ».

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« Il est clair que la France voit le retrait américain comme une occasion de gagner en influence politique et économique en Irak après son échec au Liban », affirme à MEE Elie Abouaoun, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’Institut des États-Unis pour la paix.

L’année dernière, Macron est intervenu de façon téméraire au Liban après l’explosion du port de Beyrouth au mois d’août, promettant de trouver une issue au malaise économique et politique, mais s’est retrouvé face à des dirigeants libanais aussi intransigeants qu’avant la catastrophe.

Dans le même temps, la France s’est opposée à la Turquie sur plusieurs dossiers, notamment en Méditerranée orientale (endroit stratégique regorgeant de gaz) et en Libye, où Ankara et Paris ont soutenu des camps opposés lors de la récente guerre.

« L’Irak est proche de la Turquie et la France cherche des atouts pour faire pression sur la Turquie et renforcer sa position dans le conflit actuel en Méditerranée orientale et en Afrique du Nord », ajoute Abouaoun.

« La France a un programme et le suit. »

Le président Barham Saleh est accueilli à l’Élysée par Emmanuel Macron le 25 février 2019 (AFP/Ludovic Marin)
Le président Barham Saleh est accueilli à l’Élysée par Emmanuel Macron le 25 février 2019 (AFP/Ludovic Marin)

Selon les responsables irakiens, la conférence de Bagdad était, à l’origine, un projet français.

Elle repose sur une idée adoptée par l’ancien Premier ministre irakien Adel Abdel-Mahdi et a été abordée par le président irakien Barham Saleh lors d’une visite en France en février 2019. 

Bien qu’Abdel-Mahdi se soit rendu en France trois mois plus tard pour développer cette idée, il l’a par la suite abandonnée et s’est tourné vers la Chine, « par crainte d’être accusé de tomber dans les bras de la France car il a la nationalité française et n’est pas accepté dans la région », confie à MEE un responsable irakien au courant du projet.

« L’idée d’origine était de trouver un autre allié stratégique à l’Irak afin de remplacer les États-Unis après leur retrait », ajoute un autre haut-responsable irakien.

Bon nombre de forces politiques, y compris certaines soutenues par l’Iran, s’inquiète d’un retrait total des Américains d’Irak.

Le « bourbier iranien »

Les dirigeants irakiens « cherchent toujours une force qui pourrait assurer un équilibre objectif contre l’influence iranienne en Irak et dans la région », poursuit ce haut-responsable.

« Personne ne veut s’enfoncer totalement dans le bourbier iranien. Les Iraniens eux-mêmes ne veulent pas endosser la responsabilité de tout ce qui se passe en Irak et cherchent des partenaires partageant les pertes et profits. »

Les Français ont sauté sur l’idée d’Abdel-Mahdi, l’ont développée puis mise en avant comme une initiative intitulée « Soutenir la souveraineté irakienne », laquelle a été annoncée par Macron lors de sa précédente visite en Irak en septembre 2020.

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Cette conférence était supposée avoir lieu à Paris car les Français désiraient en être les organisateurs.

Mais lorsque l’objet de la conférence a été étendu pour y inclure un certain nombre de rivaux régionaux, celle-ci a été déplacée à Bagdad et retravaillée, devenant un événement centré sur la stabilité au Moyen-Orient. 

« Bien que la France n’ait pratiquement plus rien à voir avec la conférence sous sa forme définitive et que sa participation n’était pas justifiée, les Irakiens ne pouvaient les exclure puisque c’était leur idée à l’originale », explique à MEE un membre de l’équipe du Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

« L’Irak veut reprendre un rôle de médiateur et les Français voulaient que cette conférence soit leur ticket pour un retour dans la région à travers l’Irak, donc c’est devenu une espèce d’échange de bons procédés entre les deux parties », ajoute-t-il.

« La France a été présentée comme la coprésidente de cette conférence, mais en vérité ce sont les Irakiens qui ont tout organisé, la réunion de tous ces [pays participants] est le fruit des efforts et des relations de Kazimi. »

Sollicité, le ministère français des Affaires étrangères n’avait pas répondu aux questions de MEE au moment de la publication.

« Menacer la légitimité de ce régime en amenant les États-Unis et la communauté internationale à conclure que l’Irak est une cause perdue et que continuer à la soutenir est vain signerait l’effondrement de ce régime et la transformation de l’Irak en un État confessionnel »

- Un membre de l’équipe de Moustafa al-Kazimi

Le retrait dramatique des Américains d’Afghanistan le mois dernier et la conquête rapide des talibans ont jeté une ombre sur la scène politique irakienne et font craindre à un certain nombre de forces politiques qu’un scénario similaire se produise en Irak.

Le pire scénario pour la plupart des forces politiques non associées à l’Iran est ce qu’elles appellent l’« anarchie du nombre ». Cela conduirait selon eux à l’émergence de querelles intestines chez les chiites et les Kurdes.

Ils pensent qu’un tel conflit finirait par une division stricte des politiques du pays en fonction des lignes ethniques et confessionnelles.

« Le système politique en Irak ne tire pas sa légitimité des élections. Il la tient de la légitimité que lui confère la communauté internationale », confie à MEE un autre membre de l’équipe de Kazimi.

« Menacer la légitimité de ce régime en amenant les États-Unis et la communauté internationale à conclure que l’Irak est une cause perdue et que continuer à la soutenir est vain signerait l’effondrement de ce régime et la transformation de l’Irak en un État confessionnel », prévient-il.

 « Un chaos populaire et politique majeur »

« Un retrait total des Américains, si l’Iran perd le contrôle de ses intermédiaires en Irak, aboutira nécessairement à un chaos populaire et politique majeur. Ce chaos engendrera l’émergence d’un conflit meurtrier entre groupes politiques et confessionnels. La partition de l’Irak pourrait alors être le résultat inéluctable d’un conflit de cette ampleur. »

Cependant, la majorité des politiques et responsables irakiens ne sont loin d’être aussi pessimistes.

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Un scénario aussi anarchique est jugé improbable parce que la plupart des forces politiques irakiennes sont conscientes des défis accompagnant le retrait américain et s’attèlent à trouver des sources alternatives de pouvoir pour créer un équilibre.

Parmi les forces les plus importantes figurent le mouvement Moqtada al-Sadr, le mouvement al-Hikma dirigé par Ammar al-Hakim, l’alliance al-Nassir de l’ancien Premier ministre Haider al-Abadi, et un certain nombre de forces proches du grand ayatollah Ali al-Sistani, ainsi que de Kazimi et Saleh.

« Ceux-ci représentent le noyau d’une alliance politique majeure qui pourrait se constituer après les élections parlementaires d’octobre pour former le plus grand bloc et nommer le prochain Premier ministre », explique à MEE un dirigeant d’al-Hikma.

« Ces forces amèneront l’Irak à consolider sa souveraineté et à sortir progressivement du bourbier iranien, tout en tentant de trouver une alternative aux États-Unis pour créer l’équilibre nécessaire en Irak et dans la région.

« La France est un acteur international accepté dans la région, c’est la seconde puissance de l’Union européenne et elle n’est pas rejetée par l’Iran, ce qui est très important. »

Si Téhéran et Washington ont conservé une ferme emprise sur l’Irak depuis 2003, les deux pays ne sont plus aussi populaires et influents sur le plan politique qu’auparavant, d’après des politiques et responsables.

« La plus grande réalisation de ce sommet, ce sont les petites rencontres bilatérales qui ont eu lieu en marge de la conférence de Bagdad. Cette conférence a créé le terrain et l’atmosphère propice pour nouer un dialogue »

- Douglas A. Silliman, ex-ambassadeur américain en Irak

Avec le retrait apparent des États-Unis de la région, les politiques et responsables irakiens veulent trouver l’équilibre dans leur pays, lequel pourrait être obtenu en transformant l’Irak en « point de rencontre » pour les acteurs régionaux. Cela pourrait « renforcer le pouvoir et l’influence » d’un certain nombre de puissances internationales et régionales en créant des intérêts communs ayant pour centre l’Irak, indiquent des responsables irakiens et américains. 

« L’Irak cherche à apparaître comme un acteur clé dans la région. De nombreux gouvernements irakiens ont cherché à endosser ce rôle précédemment. Kazimi a fait de gros efforts pour que l’Irak joue un rôle régional positif », souligne à MEE Douglas A. Silliman, ambassadeur américain à Bagdad jusqu’en 2019.

« La stabilité de l’Irak peut être la base de la stabilité et de la prospérité pour la région. »

Kazimi a commencé à préparer la conférence de Bagdad en concluant des arrangements avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie, avant d’inclure l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres pays.

« Ce rôle est très important pour l’Irak en termes de géopolitique », estime Silliman. « L’idée, c’est que l’Irak soit une zone de consensus et de stabilité pour les pays de la région au lieu d’être une zone de conflit, comme ce fut le cas ces dernières années. »

« La plus grande réalisation de ce sommet, ce sont les petites rencontres bilatérales qui ont eu lieu en marge de la conférence de Bagdad. Cette conférence a créé le terrain et l’atmosphère propice pour nouer un dialogue entre des parties en conflit et c’est ce qui est important. »

Trop de contrôle

La prise des talibans et le retrait hasardeux des Américains en Afghanistan ont été saluées par l’Iran et ses intermédiaires régionaux comme une défaite américaine est une grande victoire pour l’islam. Ils ont promis que la même chose arriverait en Irak lorsque les Américains s’en retireront.

Cette prophétie a alarmé de nombreux Irakiens. Pourtant les dirigeants politiques américains et irakiens excluent une répétition du scénario afghan et raillent la possibilité que les factions soutenues par l’Iran soient bientôt au pouvoir et poursuivent quiconque est considéré comme un agent des États-Unis et de l’Occident.

« En réalité, les factions armées soutenues par l’Iran peuvent faire tomber le gouvernement et prendre le contrôle de Bagdad en quelques jours, si ce n’est en quelques heures, mais elles ne le feront pas », assure à MEE un politicien chiite proche de l’Iran.

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« La situation actuelle sert les intérêts de l’Iran et de ses intermédiaires plus qu’aucune autre. Par conséquent, ils ne réitèreront pas l’expérience de mettre au pouvoir un Premier ministre totalement loyal à l’Iran, comme ce fut le cas avec Abdel-Mahdi », ajoute-t-il.

« La situation en Irak est totalement différente de l’Afghanistan. Les commandants des factions armées et hommes politiques associés à l’Iran le savent parfaitement, ils ne chercheront donc même pas à contrôler officiellement le gouvernement ou tout autre administration. »  

En fait, toute prise de contrôle totale par l’Iran et ses intermédiaires serait synonyme de ruine financière immédiate pour l’Irak.

L’ensemble des réserves de la banque centrale d’Irak et les fonds provenant des ventes de pétrole sont déposés directement sur des comptes spéciaux auprès de la banque fédérale américaine et sont couverts par l’immunité américaine depuis 2004 pour prévenir les pays créanciers de suivre et de s’emparer des fonds irakiens.

Trouver une sorte de position unifiée entre factions armés, qui pourrait assumer la suprématie après le retrait américain – comme les talibans l’ont fait –, est particulièrement improbable

Les forces soutenues par les Iraniens craignent que les États-Unis puissent geler les ressources de l’Irak et imposer des sanctions financières qui pourraient renverser tout gouvernement établi par leurs soins en quelques semaines, selon les politiciens et responsables.

De plus, le paysage politique irakien est très fragmenté et il y a une multiplication des conflits entre les factions armées soutenues par l’Iran. Par conséquent, trouver une sorte de position unifiée qui pourrait assumer la suprématie après le retrait américain – comme les talibans l’ont fait –, est particulièrement improbable.

Dans le même temps, il y a des suppositions à propos de la position de Sistani, autorité suprême de la communauté chiite en Irak car il pourrait doucher les espoirs des paramilitaires et une grande partie de leur soutien populaire en un instant.

Le moment de revoir ses attentes à la baisse

Pour dire les choses simplement, le retrait de Washington d’Irak ne ressemblera pas à son retrait d’Afghanistan.

Les États-Unis ont convenu avec le gouvernement irakien de retirer l’ensemble de leurs forces de combat d’ici la fin décembre, mais Washington apportera toujours des renseignements et un soutien aérien à l’Irak.

Plus important encore, l’accord signé par le gouvernement de Kazimi et l’administration Biden permet aux forces américaines de mener des opérations militaires en Irak sur demande du gouvernement irakien, font savoir des responsables irakiens et américains.

Le président français Emmanuel Macron lors de sa visite à Mossoul, le 29 août 2021 (AFP/Ludovic Marin)
Le président français Emmanuel Macron lors de sa visite à Mossoul, le 29 août 2021 (AFP/Ludovic Marin)

« L’ensemble des opérations militaires auquel participeront les forces américaines prendront fin d’ici la fin de l’année 2021, mais si le gouvernement irakien a besoin d’aide, comme un soutien aérien ou des renseignements, cela lui sera fourni depuis l’extérieur de l’Irak », explique à MEE un officier américain au courant des détails de l’accord.

« L’analyse des renseignements, les avions de combat et les drones n’ont pas besoin d’être physiquement sur le terrain… [Par conséquent,] nous avons accepté la proposition de Kazimi de retirer le restant des forces de combat présentes en Irak, même si leur nombre ne dépasse pas quelques dizaines. »

Pour la France, l’avenir en Irak n’est pas aussi rose qu’elle veut le croire.

Des politiciens et responsables ont confié à MEE qu’au bout du compte, Paris n’a pas ce qu’il faut pour réussir à court terme.

Les États-Unis, l’Iran, la Turquie, l’Arabie saoudite et les autres pays ayant une véritable influence en Irak ont investi énormément d’argent et ont bâti des relations fortes au cours des deux dernières décennies. Retardataire, la France ne peut se vanter d’avoir fait la même chose.

« Les Français n’arriveront pas à combler le vide que pourraient laisser les États-Unis en Irak. Ils cherchent seulement à transformer l’espace disponible en pied-à-terre pour leur expansion au Moyen-Orient »

- Un membre de l’équipe de Moustafa al-Kazimi

« Les Français n’arriveront pas à combler le vide que pourraient laisser les États-Unis en Irak. Ils cherchent seulement à transformer l’espace disponible en pied-à-terre pour leur expansion au Moyen-Orient », croit savoir un membre de l’équipe de Kazimi à MEE.

« La région, du point de vue des Français, est désormais mûre et prête à les recevoir parce que les Irakiens sont épuisés et que leur pays est en ruines, la Syrie est en ruines, et le Yémen est quasiment en ruines et cela signifie qu’il y a environ 250 millions de personnes qui ont besoin de construction politique et financière. »

Cette source note que Kazimi a permis aux Français de participer à la Conférence de Bagdad par respect pour le rôle de la France dans son organisation à l’origine. Mais fondamentalement, cette conférence servait surtout à faire de Kazimi – et pas de Macron – un médiateur régional et lui assurer un second mandat au pouvoir. 

« Dans quelle mesure l’un d’entre eux réussira, c’est ce que nous diront les jours à venir. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.