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Trois morts et une « catastrophe écologique » : le Liban et la Syrie ravagés par des incendies

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé mardi avoir contacté des responsables de « plusieurs pays pour l’envoi d’hélicoptères et d’avions » pour faire face aux incendies
Des véhicules gisant sur le bord d’une route, près de la ville de Damour, le 15 octobre 2019, dans les montagnes du Chouf au Liban, au sud-est de la capitale (AFP)

Depuis lundi, des incendies qui seraient causés par la chaleur et des vents forts ont détruit plusieurs régions, notamment des zones habitées, du Liban et de la Syrie.

Ces feux ont fait trois victimes : un Libanais de 32 ans est mort d’une crise cardiaque dans la nuit de lundi à mardi dans le Chouf – l’un des principaux foyers touchés avec le massif d’Iqlim al-Kharroub (sud) – en tentant d’aider les équipes de la Défense civile. 

À Lattaquié (Syrie), deux personnes sont mortes alors qu’elles tentaient de maîtriser les flammes, selon l’agence officielle Sana.

Selon la ministre de l’Intérieur Raya el-Hassan, les feux sont désormais sous contrôle mais autorités ont appelé les pays voisins à l’aide. Dans la soirée de lundi, alors que la pluie tombait sur plusieurs régions du Liban, la coopération de Chypre, de la Grèce mais aussi de la Jordanie était assurée.

« Les surfaces réduites en cendres sont immenses, mais il n’est pas possible de donner une estimation, même approximative, de l’ampleur du désastre écologique qui frappe le Liban dont les forêts ne couvrent plus que 13 % du territoire, selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture pour 2012-2013 », estime le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, qui, à l’image de la presse locale déplore une catastrophe écologique.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé mardi avoir contacté des responsables de « plusieurs pays pour l’envoi d’hélicoptères et d’avions ». « Nous avons contacté les [pays] européens qui enverront des aides » dans les prochaines heures, a-t-il précisé.

En visite sur l’île voisine de Chypre où il a rencontré le président Nicos Anastasiades, le ministre libanais de la Défense Elias Bou Saab a déclaré mardi avoir « demandé de l’aide » à Nicosie.

Google Maps a localisé plusieurs incendies importants au sud de Beyrouth (capture d'écran)

« La réponse a été rapide et des avions chypriotes sont au Liban depuis hier », selon Bou Saab, qui a ajouté que des avions venant de Grèce devaient arriver au Liban dans les prochaines heures.

L’armée jordanienne a annoncé dans un communiqué que le roi Abdallah II avait également ordonné l’envoi de deux avions bombardiers d’eau pour aider le Liban à lutter contre les feux de forêts.

Quelque 103 incendies se sont déclenchés dans plusieurs régions du Liban depuis lundi, selon l’Agence nationale d’information (ANI), citant le directeur de la Défense civile.

De nombreux habitants ont déserté leurs foyers en raison de « dizaines » de cas de « suffocation » dans des zones résidentielles touchées, a aussi indiqué l’ANI.

Avec des moyens limités et dépourvu d’avions bombardiers d’eau opérationnels, le Liban subit depuis des années des incendies saisonniers sans être en mesure de les endiguer.

Des incendies récurrents

Dans la Syrie voisine, de grands incendies se sont également déclarés, notamment dans les provinces de Tartous et de Lattaquié (ouest) ainsi qu’à Homs (centre).  

Dans la province centrale de Homs, aucune victime n’a été déplorée, les dégâts se limitant à des pertes « matérielles, notamment des arbres dans certaines zones forestières et les réseaux d’électricité », a indiqué le gouverneur Talal Barazi, cité par Sana.

La province de Tartous a été ravagée par une centaine d’incendies depuis lundi, a précisé Sana, dont la majorité ont été maîtrisés d’après le gouverneur de la province, Safwane Abou Saada, cité par l’agence.

Sur les réseaux sociaux, les internautes libanais ont dénoncé le fait que les autorités n’ont pu faire usage d’hélicoptères acquis en 2009 pour lutter contre des incendies, de plus en plus récurrents dans le pays avec le réchauffement climatique.

Des responsables et ex-responsables appellent à l’ouverture d’une enquête, d’autres évoquant un éventuel manque de fonds pour la maintenance des appareils.

Traduction : « Le gouvernement sait très bien réprimer mais échoue à régler les crises » 

« L’ironie veut que le Liban brûle au lendemain de la date du 13 octobre, décrétée en 1989 par l’ONU Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe », écrit L’Orient-Le Jour

« L’ironie veut aussi et surtout que la nomination de gardes forestiers, dont le rôle est pourtant fondamental dans le système d’alerte précoce et des premiers gestes d’urgence, soit gelée à cause de considérations communautaires », conclut le quotidien francophone libanais.