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Kais Saied impose son Premier ministre et s’affranchit des partis

Le chef de l’État a choisi un nouveau chef du gouvernement sans tenir compte de l’entente Ennahdha-Qalb Tounes. Il n’entend pas renoncer à son entreprise de transformation de la scène politique, prenant le risque d’incarner un pouvoir personnel qui inquiète
Le ministre tunisien de l’Intérieur, Hichem Mechichi, a été désigné samedi soir par le président Kais Saied chef du futur gouvernement et doit former d’ici un mois son équipe dans un contexte politique tendu (AFP)
Le ministre tunisien de l’Intérieur, Hichem Mechichi, a été désigné samedi soir par le président Kais Saied chef du futur gouvernement et doit former d’ici un mois son équipe dans un contexte politique tendu (AFP)

Après avoir demandé, mercredi 15 juillet, la démission du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, sacrifié alors qu’un soupçon de prise illégale d’intérêts l’exposait à une motion de censure déposée le même jour, le président Kais Saied avait le choix entre dialogue et la confrontation avec les principaux partis. 

Il a choisi la confrontation et signifié clairement qu’il n’entendait pas renoncer à son entreprise de transformation de la scène politique. 

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Il a désigné, samedi 25 juillet, Hichem Mechichi, actuel ministre de l’Intérieur, pour former le prochain gouvernement. Il a donc ignoré sans ambiguïté les candidats suggérés par les partis qu’il avait consultés « en vue de charger la personnalité la mieux à même de parvenir de former un gouvernement » (selon les termes de l’article 89 de la Constitution) et ainsi engagé l’épreuve de preuve de force avec Ennahdha, à l’origine de la chute d’Elyes Fakhfakh.

À la recherche d’un profil démocratique, incarnant la loi et l’intégrité de l’État, sans aucun lien avec le monde de l’argent, il a sollicité entres autres l’actuel ministre de la Défense, Imed Hazgui, qui a décliné l’offre. 

Le président a finalement opté pour une personnalité de son cercle de confiance, qu’il avait déjà imposée comme ministre de l’Intérieur en février 2020. Originaire du nord-ouest, énarque, sans antécédent politique, membre de la Commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation créée en 2011, puis passé par différents cabinets ministériels depuis 2014, Hichem Mechichi a le profil d’un haut fonctionnaire auquel il sera difficile de prêter des ambitions politiques, comme c’était le cas pour son prédécesseur. Autrement dit, c’est une personnalité difficilement attaquable.

Guerre de symboles 

Ennahdha et Qalb Tounes avait reconduit leur entente scellée dès janvier, autour de Fadhel Abdelkefi, ancien ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale d’août 2016 à septembre 2017 (démis suite à la révélation d’une condamnation par contumace pour une infraction douanière, cassée en novembre 2017 en raison d’un vice de forme).

Ce choix, que le chef de l’État avait déjà décliné, a été cette fois élargi à une majorité suffisante pour ne pas laisser d’autres options au chef de l’État. En vain.

L’annonce du choix présidentiel a été précédée d’une bataille de symboles entre Kais Saied et Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha et du Parlement. 

Pour Kais Saied, les hommages du 25 juillet sont une manière de s’inscrire dans une filiation nationaliste et révolutionnaire et de marquer sa distance avec les nostalgiques de l’ancien régime comme avec Ennahdha

Nous sommes le 25 juillet, date anniversaire de la proclamation de la République (en 1957), de l’assassinat du député nationaliste arabe Mohamed Brahmi (en 2013), et du décès de Béji Caïd Essebsi (en 2019). Kais Saied choisit d’aller se recueillir sur les tombes de son prédécesseur, mais aussi de Mohamed Brahmi (dont il a reçu la veuve la veille) ; de Chokri Belaid, assassiné lui aussi par des islamistes armés le 6 février 2013 ; de Salah ben Youssef, militant nationaliste opposant à Habib Bourguiba à partir 1955 et assassiné sur son ordre en 1961 ; et d’Ahmed Tlili, cofondateur de la centrale syndicale UGTT (centrale syndicale), figure éminente du mouvement national, auteur d’une lettre à Bourguiba sur les dérives autocratiques du régime en janvier 1966. 

Une manière de s’inscrire dans une filiation nationaliste et révolutionnaire et de marquer sa distance avec les nostalgiques de l’ancien régime comme avec Ennahdha.

Pendant ce temps, Rached Ghannouchi n’a pas ménagé ses efforts pour rendre hommage à l’ancien président, Béji Caïd Essebsi, et s’est même fendu d’une tribune dont le message insistant, implicitement adressé à Kais Saied, est clair : « Celui qui lit ces propos réalisera que la concorde que nous avons établie est encore vivace et que c’est la meilleure option pour la Tunisie, le secret de sa réussite. »

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Rached Ghannouchi s’accroche au modèle du « consensus » entré en vigueur après les élections de 2014, et cherche à reproduire avec le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes, l’entente scellée avec Nidaa Tounes et Béji Caïd Essebsi. 

Initialement, cette entente avait mis fin à la crise de l’été 2013 et permis la poursuite de la transition. Ennahdha avait alors compris que c’est la poursuite de la transition qui protégeait le parti, et non l’inverse, et qu’il était nécessaire de transiger avec les composantes de l’ancien système réorganisées dans Nidaa Tounes.

Du consensus au cartel

Ce compromis historique a certes pacifié la scène politique. Mais cet accord par le haut, entre états-majors, s’est rapidement apparenté à ce que le théoricien politique Antonio Gramsci qualifiait de « transformisme », qui n’est pas sans lien avec la fameuse réplique du film Le Guépard, de Luciano Visconti, « Il faut que nous changions tout pour que rien ne change : il a poussé à l’intégration progressive de nouvelles forces aux élites établies, tout en évitant les bouleversements sociaux. Le « consensus » avait ainsi organisé « l’oubli de la question sociale ».

Entre Ennahdha et Nidaa Tounes s’était instaurée une sorte coopération dans la concurrence, fondée sur un échange entre la reconduction de l’ancien système et la préservation des positions acquises, et la possibilité pour Ennahdha de gagner sa place dans l’État et les réseaux d’affaires. 

La science politique parle de « transactions collusives » pour décrire ces arrangements, ou encore de « cartellisation » de la vie politique pour évoquer un modèle où un petit groupe de partis se partageant les ressources qu’offre le système.

« La stabilité politique de la Tunisie exige une réconciliation globale, fondée sur la réconciliation entre les islamistes et les destouriens », a proclamé le président d’Ennahdha dans sa tribune.

 La rencontre entre Elyes Fakhfakh, Rached Ghannouchi et Nabil Karoui, fixée par cette photo le 6 février, avait suscité beaucoup de commentaires sur les alliances en cours (Twitter)
La rencontre entre Elyes Fakhfakh, Rached Ghannouchi et Nabil Karoui, fixée par cette photo le 6 février, avait suscité beaucoup de commentaires sur les alliances en cours (Twitter)

Maintenir la centralité de cet antagonisme idéologique permet en réalité de justifier ce partage tout en le parant des vertus d’un « consensus », qui transcenderait les désaccords pour l’intérêt supérieur du pays. 

Cet antagonisme représente en réalité de plus en plus une mise en scène, comme l’a montré la dernière campagne électorale durant laquelle le candidat de Qalb Tounes, Nabil Karoui, promettait dans une lettre à Rached Ghannouchi, de ne jamais s’allier à Ennahdha, « impliqué dans les assassinats politiques et le terrorisme », pendant que Rached Ghannouchi appelait de son côté à battre Nabil Karoui et à s’allier « aux forces de la révolution et aux forces engagées dans la lutte contre la corruption ».

L’antagonisme idéologique dissimule en réalité une véritable convergence d’intérêts, comme l’illustre la proposition de loi sur la régulation des médias audiovisuels qui permettrait de régulariser Nessma TV, la chaîne de Nabil Karoui, et Zitouna TV, proche d’Ennahdha, (sans parler de la protection réciproque contre les enquêtes de fraude fiscale et de blanchiment engagées à l’encontre de Nabil Karoui et contre les différentes accusations à l’encontre d’Ennahdha, notamment son appareil de renseignement parallèle). 

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Cette entente fondée sur le reniement de la parole donnée aux électeurs ne peut donc que détériorer encore le crédit de la classe politique. 

L’ironie de cette transition, c’est donc qu’après avoir négocié avec les forces du « système » pour s’y ménager des positions, Ennahdha en soit devenu le défenseur dans afin de les préserver.

Si la reconduction du « consensus » au nom duquel Ennahdha a sacrifié le gouvernement d’Elyes Fakhfakh favorise une stabilité, ce serait une stabilité de court terme. 

À moyen terme, le consensus détruit la confiance dans la démocratie, il compense son oubli de la question sociale par des redistributions clientélistes qui pervertissent le lien entre les citoyens et l’État, permet de reproduire les interférences entre argent et pouvoir à la base de l’économie de rente, principale cause de la stagnation économique et des fractures socio-territoriales. En un mot, le « consensus » tel que le défend Rached Ghannouchi, est un facteur d’instabilité structurelle.

Conflit de légitimités

Pour garder la main, perdue sur le choix du chef du gouvernement depuis l’échec de Habib Jemli début janvier, Rached Ghannouchi se prévaut de la nature parlementaire du régime, adoptée en 2014 pour empêcher la reconstitution du pouvoir personnel, et de la légitimité des partis arrivés en tête aux dernières élections.

D’une part, sur un plan politique, que représentent les partis qui en sont les principaux acteurs ? 

Durant les campagnes, ils parviennent à gagner le soutien de suffisamment d’électeurs par des promesses intenables, des distributions clientélistes. La non-participation de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette offre partisane leur permet d’amplifier leur importance relative et de revendiquer le monopole de la représentation. Une fois élus, représentent-ils leurs électeurs ou ceux qui les dirigent (et les financent) ?

D’autre part, sur un plan arithmétique, Ennahdha et Qalb Tounes ont totalisé 977 000 voix aux législatives, soit presque trois fois moins que Kais Saied à la présidentielle, qui avait obtenu 2,77 millions de voix, soit 2,1 millions de plus qu’au premier tour. 

À supposer qu’il s’agissait moins de votes pour Kais Saied que de votes contre Nabil Karoui, son challenger, deux fois plus d’électeurs ont rejeté Nabil Karoui que les deux partis ne sont parvenus à en réunir. C’est peu dire que dans la balance, la légitimité de Kais Saied pèse beaucoup plus lourd

À supposer qu’il s’agissait moins de votes pour Kais Saied que de votes contre Nabil Karoui, son challenger, deux fois plus d’électeurs ont rejeté Nabil Karoui que les deux partis ne sont parvenus à en réunir. C’est peu dire que dans la balance, la légitimité de Kais Saied pèse beaucoup plus lourd. 

Proposer Fadhel Abdelkefi – que Nabil Karoui, dans sa campagne présidentielle avait présenté comme son futur chef du gouvernement – irait à l’encontre du résultat des élections. Qui plus est, issu d’une famille de l’establishment du monde des affaires, membre du conseil d’administration d’une des principales banques privées, il n’est pas le candidat le plus indiqué pour s’attaquer à l’économie de rente, dont le système bancaire est l’une des clés de voûte.

Les élections de 2019 ont été lues comme l’expression du discrédit des grands partis, du rejet du « consensus » et de ses implications, les conflits et ses tensions stériles au sein de la classe politique, le statu quo et l’oubli de la question sociale. Les partis maîtres du jeu ne pouvant être les artisans de la transformation du système dont ils profitent. 

Or, en reprenant la main sur la formation du gouvernement à la faveur de la chute d’Elyes Fakhfakh, les partis auraient trouvé l’occasion de verrouiller leurs positions dans l’État, l’appareil sécuritaire et les médias (que le gouvernement Fakhfakh a commencé à remettre en question), et de pérenniser une situation rejetée par les électeurs.

Kais Saied a donc tiré profit des possibilités qu’offre la Constitution pour inciter Elyes Fakhfakh à remettre sa démission et que lui revienne le choix du prochain chef du gouvernement. 

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Lors de la remise de sa lettre de mission à Hichem Mechichi, qui a jusqu’au 26 août pour former un gouvernement, le chef de l’État est revenu à plusieurs reprises sur cette idée : « Nous respectons la légitimité, mais il est temps qu’elle soit révisée pour être une expression sincère de la volonté de la majorité du peuple ». 

En attendant qu’émergent d’autres formes de participation et de représentation, question non résolue en Tunisie comme dans toutes les démocraties représentatives, il se fait donc le porte-parole des oubliés de la transition, de « la majorité des Tunisiens, qui sont écrasés et opprimés » comme il l’a rappelé samedi soir dans son allocution.

Crise organique et césarisme 

Kais Saied est d’autant plus décidé à se montrer offensif que le moment semble particulièrement critique. 

Le Parlement est bloqué, notamment par le travail de sape du parti destourien libre d’Abir Moussi auquel les médias émiratis donnent une audience démesurée. Des députés en viennent aux mains.

Le sud du pays, la région de Tataouine et la vanne pétrolière d’El Kamour en particulièrement est en pleine ébullition. Les animateurs de la mobilisation de 2017 dénoncent cette fois une manipulation politique qui a divisé le mouvement alors que les négociations par l’intermédiaire de l’UGTT sont en cours pour parvenir à l’application des accords de 2017. Ils désignent à demi-mots Ennahdha dans cette agitation. 

Un jeune contrebandier a été abattu par l’armée après avoir forcé un barrage dans la zone militaire proche de la frontière libyenne le 8 juillet, provoquant des heurts entre la population et l’armée à Remada.

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La crise libyenne place la Tunisie au centre des tensions régionales et l’alignement sur la Turquie souhaité par Ennahdha risque d’importer les conflits régionaux dans la politique intérieure. 

Kais Saied a eu l’occasion, lors de sa visite à Paris, de rappeler que ce n’est pas la ligne diplomatique de l’État et que, adossé à la position algérienne, il rejette toutes les ingérences extérieures.

Le chef de l’État a fait fréquemment allusion ces derniers jours, à des conspirations mêlant intérêts étrangers et relais intérieurs, notamment lors d’une visite nocturne aux forces spéciales durant laquelle il a déclaré : « Celui qui pense transgresser la légitimité de l’intérieur ou de l’extérieur se heurtera aux forces armées en qui j’ai entièrement confiance pour lutter contre les complots qui se tissent à l’étranger. Nos forces armées sont prêtes à faire face à ceux qui conspirent avec l’étranger contre l’État ».

Au-delà de cette conjoncture, la Tunisie traverse une situation que Gramsci (encore !) qualifiait de « crise organique » où la crise sociale, les tensions liées aux antagonismes sociaux et les failles du système économique débordent les capacités d’institutions et de partis « anachroniques », « vides de contenu social » et « perchés dans les nuages » des cercles du pouvoir.

Plus que du Robespierre ou du Danton, il y aurait plutôt du Bonaparte dans Kais Saied. Ce qui, dans l’immédiat, pourrait provoquer des rapprochements inattendus pour soutenir le gouvernement d’Hichem Mechichi

Ce moment ouvre la possibilité à un leader de passer outre les limites du système politique pour accoucher de nouveaux équilibres, c’est un « moment césariste ». « Le césarisme exprime toujours la solution par ‘’arbitrage’’, confiée à une grande personnalité, d’une situation historico-politique caractérisée par un équilibre de forces annonciateur de catastrophes, il n’a pas toujours la même signification historique. Il peut y avoir un césarisme progressif et un césarisme régressif. » 

« Il s’agit de voir, dans la dialectique ‘’révolution-restauration’’ », poursuivait Gramsci « si c’est l’élément révolution ou l’élément restauration qui l’emporte ». 

Autrement dit, soit il réprime les aspirations des dominés pour rétablir la suprématie de l’État, soit il rétablit la capacité de l’État mais en y incorporant les aspirations des subalternes de la société.

Cette institutionnalisation de la Révolution française dans l’État était aussi le sens profond de l’œuvre de Bonaparte. Plus que du Robespierre ou du Danton, il y aurait plutôt du Bonaparte dans Kais Saied. Ce qui, dans l’immédiat, pourrait provoquer des rapprochements inattendus pour soutenir le gouvernement d’Hichem Mechichi.

Quel leader ? Quel peuple ?

L’importance prise par le pouvoir d’un seul homme inquiète aussi. Elle réveille les souvenirs du pouvoir autocratique dont la Tunisie a payé cher pour en connaître les méfaits. Le respect des formes légales ne suffit pas à garantir la limitation du pouvoir. 

Dans son ouvrage Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ?, Jean-Claude Monod posait comme conditions à la possibilité d’un charisme démocratique d’une part « l’éloignement des figures du père, du juge savant et du maître », d’autre part « la rupture avec toute idée d’un charisme unique, ce qui interdit au chef […] d’Etat de considérer qu’il détient le pouvoir comme sa propriété. La poursuite de ce processus implique d’imaginer des voies de participation démultipliées à la délibération […] de la décision politique ».

Dans un populisme au sens historique – au sens où l’étaient les populistes russes de la fin du XIXe, ou comme l’ont connu certains pays d’Amérique latine dans les années 1950 puis les années 2000, et non dans la version démagogique, autoritaire et xénophobe qui en est une caricature –, la figure du peuple invoquée par le leader ne peut demeurer une abstraction. 

Pour éviter que le leader ne s’investisse seul de la capacité à représenter le « peuple », celui-ci doit être construit comme acteur politique. Et encore s’agit-il de savoir qu’est-ce qui définit l’appartenance au peuple : la citoyenneté, la condition de dominé ou bien l’appartenance confessionnelle, la conformité avec modèle de bon citoyen ? 

Dans l’aventure dans laquelle Kais Saied se lance en s’affranchissant des partis politiques, et qui correspond au sens qu’il a donné à son mandat, il lui reste à apporter des solutions concrètes à ces questions. 


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Thierry Brésillon
Thierry Brésillon est journaliste indépendant, basé à Tunis depuis avril 2011. Il a auparavant dirigé un mensuel au sein d’une organisation de solidarité internationale et travaillé notamment sur les conflits dans l’Afrique des Grands Lacs et le conflit israélo-palestinien. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @ThBresillon