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Le « Suez » américain : une énième erreur stratégique serait la dernière

En 2021, le président Joe Biden a vraiment récolté les fruits amers d’erreurs stratégiques semées par quatre de ses prédécesseurs. Mais Washington ferait bien de réfléchir avant sa prochaine manœuvre
« La probabilité d’un conflit mondial impliquant des armées réelles et des armes réelles n’a jamais été aussi élevée. Biden devrait garder cela à l’esprit » (Illustration : MEE)
« La probabilité d’un conflit mondial impliquant des armées réelles et des armes réelles n’a jamais été aussi élevée. Biden devrait garder cela à l’esprit » - David Hearst (Illustration : MEE)

L’Amérique vient de connaître sa crise de Suez », commentait un membre de la délégation iranienne aux pourparlers de Vienne sur le nucléaire à propos de la chute de l’Afghanistan face aux talibans. « Mais elle ne l’a pas encore vue. »

Il n’y a pas que Kaboul.

En 2021, le président Joe Biden a vraiment récolté les fruits amer d’erreurs stratégiques semées par quatre de ses prédécesseurs.

Comme il était le vice-président de l’un d’entre eux, Barack Obama, il a également du mal à le voir. Les graines de chacun des grands conflits mondiaux après l’Afghanistan, l’Ukraine, Taïwan ou encore l’Iran ont été semées il y a longtemps. 

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Chacun des présidents américains de la période post-soviétique partageait la conviction que le dossier lui appartenait. Ce n’était pas quelque chose à partager au Conseil de sécurité de l’ONU. 

Il était le commandant en chef de la force armée la plus importante, la mieux équipée et la plus mobile du monde, capable de lancer des attaques par-delà l’horizon avec une précision dévastatrice.

Le président américain contrôle 750 bases militaires dans 80 pays différents. Il avait également les poches les plus profondes, la monnaie de réserve de la planète – c’était donc désormais à lui de fixer les règles. Ce sont pas moins de trois décennies de gouvernance mondiale américaine bâclée qui se sont effilochées cette année.

Que pouvait-il arriver de mal ?

Cette conviction s’est accompagnée de deux hypothèses qui se sont révélées fatalement erronées : que le monopole américain sur le recours à la force serait éternel – il a pris fin avec l’intervention de la Russie en Syrie – et que les États-Unis pourraient continuer de faire respecter un ordre mondial « fondé sur des règles » – tant qu’ils continueraient de les établir. 

Biden a discrètement enterré ces deux hypothèses en admettant que les grandes puissances seraient obligées de « gérer » leur concurrence pour éviter un conflit que personne ne peut gagner. 

Mais attendez. Il y a quelque chose qui cloche ici.

Étendre l’OTAN vers l’est 

Les conflits majeurs, capables de donner lieu à des batailles de chars jamais vues depuis la Seconde Guerre mondiale, comme en Ukraine, ne se produisent pas par hasard.

Il y a des liens de cause à effet. La cause est la décision unilatérale, mais à l’époque incontestée, d’étendre l’OTAN vers l’est dans les années 1990 et d’abandonner le modèle d’une Europe de l’Est largement démilitarisée et dépourvue de missiles qui avait été abordé avec le président Mikhaïl Gorbatchev une décennie plus tôt.

Le but était de donner un nouveau sens à l’OTAN, un pacte militaire dont l’objectif est mort avec son ennemi.

On a raconté n’importe quoi en disant que l’OTAN « cimentait » la démocratie en Europe de l’Est en garantissant son indépendance vis-à-vis de Moscou

On a raconté n’importe quoi en disant que l’OTAN « cimentait » la démocratie en Europe de l’Est en garantissant son indépendance vis-à-vis de Moscou. Mais souvenez-vous de l’ambiance de l’époque. L’heure était au triomphalisme. Non seulement le capitalisme était le seul système économique restant, mais sa marque néolibérale était la seule digne d’être promue. 

Pendant un bref instant, Moscou est devenue une ruée vers l’or orientale, un Klondike pour les investisseurs en capital-risque, Ikea, Carrefour, les pubs irlandais et les brandisseurs de bibles. Les Russes, quant à eux, étaient obsédés par les marques de designers, pas par la politique.  

À l’époque, les Américains à Moscou ne se souciaient guère de ce que leurs hôtes pensaient ou faisaient. La Russie était devenue insignifiante sur la scène internationale. Les conseillers américains se sont vantés d’avoir écrit les décrets du président russe Boris Eltsine. Et Eltsine leur a rendu la pareille en leur remettant les plans du dernier char d’assaut russe et le schéma de câblage des micros placés par le KGB dans les fondations en béton d’un chantier d’extension de l’ambassade américaine. 

Pour les nationalistes russes, il s’agissait ni plus ni moins d’un acte de trahison. Mais les portes vers l’Occident étaient si largement ouvertes que tout ce qui n’était pas cloué au sol y passait – des scientifiques nucléaires, des ingénieurs en missiles, la crème du KGB, mais aussi des valises remplies d’argent. Où pensez-vous que les Russes qui se sont installés à Highgate dans le nord de Londres, dans les Hamptons de Long Island, à Chypre ou en Israël, ont obtenu leur argent ?

Le président américain de l’époque George Bush et son homologue soviétique Mikhaïl Gorbatchev, après un sommet américano-soviétique de deux jours consacré au désarmement, le 31 juillet 1991 (AFP)
Le président américain de l’époque George Bush et son homologue soviétique Mikhaïl Gorbatchev, après un sommet américano-soviétique de deux jours consacré au désarmement, le 31 juillet 1991 (AFP)

Pendant un certain temps, même le mot « Occident » a disparu du vocabulaire politique russe, car les nouveaux Russes pensaient qu’ils venaient de le rejoindre.

L’Ukraine, victime de l’Occident

Le premier ambassadeur américain auprès de la nouvelle Fédération de Russie, Robert Strauss, a passé plus de temps à défendre ce qui se passait au Kremlin qu’à la Maison-Blanche. Les ambassades occidentales sont devenues les porte-paroles d’une Russie qu’elles considéraient désormais comme un bien en leur possession. 

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Strauss a minimisé les premiers rapports sur la montée de l’État mafieux russe, n’y voyant qu’une simple broutille.

« C’est ce qu’était Chicago dans les années 1920 », m’a-t-il dit. Il a ensuite débité des inepties sur les pousses de démocratie et le temps qu’il faut pour tondre une pelouse anglaise. Comme s'il savait.

Bill Clinton et Tony Blair étaient tout aussi blasés face à ce qu’ils faisaient en Russie.

L’armée russe était « une blague ». Lorsque les Russes ont envoyé leurs colonnes blindées dans Grozny en décembre 1994, l’Occident pensait qu’elles pourraient être arrêtées par de petites bandes de Tchétchènes déterminés. Leurs pilotes n’avaient que trois heures de vol par mois, leurs frégates naviguaient par deux – la première pour patrouiller, l’autre pour remorquer la première lorsqu’elle tombait en panne –, leurs sous-marins coulaient.

Et donc l’OTAN a poussé vers l’est.

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À l’époque, personne n’a gobé l’argument selon lequel l’OTAN ne ferait que repousser la ligne de confrontation vers l’est. Les appels formulés par la Russie pour négocier une architecture de sécurité pour l’Europe de l’Est sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, avec 90 000 soldats russes massés aux frontières de l’Ukraine. 

La victime de cette démonstration flagrante de stupidité de la part de l’Occident a été l’Ukraine, qui, pendant au moins la première décennie qui a suivi la chute des Soviétiques, est restée intacte et majoritairement en paix. 

Les guerres civiles faisaient rage tout autour, mais l’Ukraine a maintenu son unité politique et sociale en dépit de ses communautés très différentes. À l’exception de l’Ukraine occidentale, qui n’a jamais oublié qu’elle avait été capturée par les bolcheviks dans un empire austro-hongrois qui tombait en ruines, les russophones et les ukrainophones vivaient en paix.

Des militaires ukrainiens participent aux exercices militaires conjoints Rapid Trident avec les États-Unis et d’autres pays de l’OTAN, près de Lviv, le 24 septembre 2021 (AFP)
Des militaires ukrainiens participent aux exercices militaires conjoints Rapid Trident avec les États-Unis et d’autres pays de l’OTAN, près de Lviv, le 24 septembre 2021 (AFP)

Aujourd’hui, elle est divisée à jamais, effrayée par une guerre civile dont elle ne se remettra jamais. L’Ukraine ne retrouvera jamais l’unité qu’elle a perdue, et c’est autant à Bruxelles qu’aux tyrans de Moscou qu’il faut le reprocher.

La nouvelle guerre froide

Ensuite, il y a la Chine. Ce revirement vers l’Est ne signifiait certainement pas la fin d’une guerre froide et le début d’une nouvelle avec la Chine, mais c’est ce qui se produit inexorablement. 

Biden n’est pas capable de décider s’il faut amadouer le président Xi Jinping ou l’affronter, mais alterner ces deux stratégies ne fonctionnera pas. 

Pour avoir une idée de ce que ressent la Chine continentale lorsque des navires de guerre britanniques traversent le détroit de Taïwan, comment la Grande-Bretagne réagirait-elle si des navires de guerre chinois apparaissaient en mer d’Irlande et passaient entre l’Écosse et l’Irlande du Nord ?

Biden n’est pas capable de décider s’il faut amadouer le président Xi Jinping ou l’affronter, mais alterner ces deux stratégies ne fonctionnera pas

La « gestion » de la concurrence est un jeu qui a des conséquences humaines aussi dévastatrices que le triomphalisme des superpuissances des années 1990, et celles-ci peuvent être observées aujourd’hui en Afghanistan. L’Afghanistan du président déchu Ashraf Ghani était un véritable village Potemkine, un État indépendant de façade.  

Un nombre incroyable de 300 000 militaires et soldats inscrits sur les registres de son gouvernement n’existaient pas. Des « soldats fantômes » ont été ajoutés aux listes officielles pour permettre aux généraux d’empocher leurs salaires, a déclaré à la BBC l’ancien ministre afghan des Finances, Khalid Payenda.

Le trou béant dans les finances de l’ancien régime corrompu était un secret de polichinelle bien avant que Biden ne fixe une date de retrait. 

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Un rapport de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan formulait un avertissement dès 2016 : « Ni les États-Unis, ni leurs alliés afghans ne savent combien de soldats et de policiers afghans existent réellement, combien sont vraiment disponibles pour servir, ni même, par extension, quelles sont leurs véritables capacités opérationnelles. »

Maintenant que le robinet des revenus américains a été fermé, l’Afghanistan est au bord d’une famine nationale. Pourtant, chose incroyable, les États-Unis rejettent la responsabilité de cette situation sur les talibans. Ils retiennent l’argent en invoquant les violations des droits de l’homme, les assassinats nocturnes d’anciens employés de l’État commis par vengeance ou la suppression de l’accès des femmes à l’éducation.

Une grande partie des dix milliards de dollars d’actifs de la banque centrale afghane est parquée à l’étranger, notamment 1,3 milliard de dollars de réserves d’or à New York. Le département du Trésor des États-Unis utilise cet argent comme levier pour faire pression sur les talibans sur le plan des droits des femmes et de l’État de droit. 

Il a accordé une licence au gouvernement américain et à ses partenaires pour faciliter l’acheminement d’aide humanitaire et autorisé Western Union à reprendre le traitement des envois de fonds personnels des immigrés installés à l’étranger.

Aucune responsabilité

Mais les États-Unis n’endossent aucune responsabilité pour avoir entretenu un État qui ne peut fonctionner sans l’argent qu’ils retiennent désormais. 

Les États-Unis sont directement responsables de la famine qui sévit actuellement en Afghanistan. Le fait de retenir l’argent parce que les talibans ont pris le pouvoir militairement au lieu de négocier leur retour avec d’autres seigneurs de guerre afghans est également quelque peu discutable. 

Un enfant pleure sur un trottoir à Kaboul, le 27 décembre 2021 (AFP)
Un enfant pleure sur un trottoir à Kaboul, le 27 décembre 2021 (AFP)

Les talibans sont entrés dans Kaboul presque sans tirer le moindre coup de feu car tout s’est écroulé devant eux. La rapidité de l’effondrement des forces afghanes a surpris tout le monde, même l’Inter-Services Intelligence (ISI), le service de renseignement pakistanais accusé par l’Inde et les gouvernements occidentaux de diriger le réseau Haqqani des talibans. 

Le seul pays qui savait vraiment ce qui se passait était l’Iran, puisque des officiers du corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI) étaient avec les talibans lorsqu’ils sont entrés, selon des sources iraniennes proches des GRI.

Même l’ISI a été pris de court par la rapidité de cet effondrement. Une source bien informée m’a confié à Islamabad : « Nous nous attendions à ce que la NDS [Direction nationale de la sécurité] se batte à Mazar-e-Charif, Hérat, Kandahar et Kondoz. Cela aurait produit une impasse et il aurait été possible de négocier un gouvernement plus inclusif. »

Mais nous en sommes là aujourd’hui. « Il y a eu quelques améliorations au cours des vingt dernières années. Il y a eu une classe moyenne à Kaboul, l’éducation des femmes. Mais si le but est de tout perdre, c’est le meilleur moyen de le faire. Les talibans adopteront la ligne dure si l’argent vient à manquer. Si le but est de protéger les éléments libéraux, il faut stabiliser l’Afghanistan. »

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« Nous ne savons tout simplement pas dans quelles mains elles ont fini », a-t-il déclaré. Lorsqu’ils ont insisté auprès des talibans pour former un gouvernement inclusif, ces derniers leur ont rétorqué : « Avez-vous un gouvernement inclusif ? Avez-vous un gouvernement qui inclut [la Ligue musulmane du Pakistan] ? Quelle serait selon vous la situation au Pakistan si vous deviez réconcilier des groupes de combattants qui ont tué des fils et des cousins de l’autre camp ? »La source pakistanaise a répertorié dix groupes djihadistes, alors qu’il n’y en avait qu’un seul – al-Qaïda – en 2001. Et l’ISI ne sait pas ce qu’il est advenu des armes que les Américains ont laissées derrière eux.

Privés de fonds, les groupes dissidents n’ont qu’une seule issue : tomber entre les mains des djihadistes. Il a terminé son analyse par la réflexion suivante : est-il vraiment dans l’intérêt des États-Unis de stabiliser l’Afghanistan ?

S’ils laissaient passer l’argent, cela reviendrait à soutenir cet axe constitué par la Chine, la Russie et Pakistan qu’ils sont désormais déterminés à repousser. L’échec des négociations de Vienne, la crise à la frontière ukrainienne, la recrudescence des tensions et des manœuvres militaires à Taïwan, tout cela fait partie de la même histoire.

Des erreurs stratégiques

Washington ferait bien de regarder la carte du monde et de réfléchir avant sa prochaine manœuvre. Une longue période de réflexion est nécessaire. Jusqu’à présent, les Américains ont réalisé l’exploit douteux de se tromper dans tous les conflits dans lesquels ils se sont engagés au cours de ce siècle. 

Les États-Unis sont entrés dans une nouvelle ère où ils ne peuvent plus changer les régimes par la force des armes ou des sanctions

La probabilité d’un conflit mondial impliquant des armées réelles et des armes réelles n’a jamais été aussi élevée, tandis que le piège du recours aux armes de destruction massive n’a jamais été aussi proche. De même, toutes les puissances militaires du monde n’ont jamais été aussi bien armées, puissantes et désireuses de lancer leurs propres inventions.

Biden devrait garder cela à l’esprit.

Il est désormais dans l’intérêt stratégique des États-Unis d’empêcher toute nouvelle effusion de sang sur les champs de bataille qu’ils ont créés au cours de ce siècle.

Cela signifie que les États-Unis doivent conclure un accord avec l’Iran en levant les sanctions imposées à Téhéran depuis le plan d’action conjoint de 2015. S’ils veulent contrebalancer l’influence croissante de la Chine et de la Russie au Moyen-Orient, il s’agit du moyen le plus sûr d’y parvenir.

L’Iran ne renoncera pas à ses missiles, pas plus qu’Israël n’immobilisera ses forces aériennes. Mais un accord à Vienne pourrait ouvrir la voie à des négociations sur la sécurité régionale dans le Golfe. Les Émiratis, les Qataris, les Omanais et les Koweïtiens sont tous prêts. Si Washington veut appliquer des règles, qu’il le fasse d’abord avec ses alliés, qui bénéficient d’une impunité extraordinaire pour leurs agissements brutaux.

Si Washington est le champion des droits de l’homme qu’il prétend être, il doit commencer par l’Arabie saoudite ou l’Égypte. S’il est le défenseur du droit international, Washington doit faire payer à Israël le prix de la poursuite de sa politique de colonisation, qui se joue des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et de la propre politique américaine de résolution du conflit palestinien. 

Les accords d’Abraham ont été conçus pour faire d’Israël le substitut régional déclaré et officiel des États-Unis. Si Donald Trump avait obtenu un second mandat, une telle politique aurait été un désastre pour les intérêts stratégiques américains au Moyen-Orient.

Israël pense déjà avoir un droit de veto sur les décisions américaines dans la région. Si cette politique avait été pleinement instaurée, il en aurait été le responsable, ce qui aurait donné lieu à un conflit permanent créé par une puissance militaire qui frappe toujours la première.

Israël agit avec une logique impitoyable. Il saisira toutes les occasions d’étendre ses frontières jusqu’à ce qu’un État palestinien devienne impossible. Il a probablement déjà atteint cet objectif. Cependant, ce n’est pas la politique des États-Unis. Et pourtant, cette expansion se poursuit, presque semaine après semaine, parce que personne à Washington ne lève le petit doigt pour l’arrêter. Ne rien faire contre les gangs de colons armés qui attaquent des villageois palestiniens non armés en Cisjordanie revient à leur donner le feu vert. 

Pour être un champion des règles, il faut commencer par les appliquer à soi-même.

C’est le seul moyen de regagner une autorité internationale perdue. Les États-Unis sont entrés dans une nouvelle ère où ils ne peuvent plus changer les régimes par la force des armes ou des sanctions. Ils ont découvert l’inutilité de la force. Ils devraient laisser tomber le bâton et commencer à distribuer des seaux de carottes. Ils devraient s’atteler à la mission urgente que représente la désescalade des conflits.

Après les dégâts causés au cours de ce siècle par les conflits ordonnés, créés et soutenus par les présidents américains – Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen, Libye –, ce n’est pas seulement une responsabilité, mais un devoir. 

Une énième erreur stratégique serait la dernière pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe occidentale. 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

- David Hearst est cofondateur et rédacteur en chef de Middle East Eye. Commentateur et conférencier sur des sujets liés à la région, il se concentre également sur l'Arabie saoudite en tant qu’analyste. Ancien éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, il en a été le correspondant en Russie, en Europe et à Belfast. Avant de rejoindre The Guardian, il était correspondant pour l’éducation au sein du journal The Scotsman.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

David Hearst is co-founder and editor-in-chief of Middle East Eye. He is a commentator and speaker on the region and analyst on Saudi Arabia. He was The Guardian's foreign leader writer, and was correspondent in Russia, Europe, and Belfast. He joined the Guardian from The Scotsman, where he was education correspondent.