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Shirpour, le quartier de Kaboul où Zawahiri avait élu domicile

Si le chef d’al-Qaïda a réellement trouvé refuge dans le quartier, il semble peu probable que les talibans aient pu ignorer que l’un des terroristes les plus recherchés au monde se cachait dans la capitale du pays qu’ils contrôlent désormais
Le quartier de Shirpour, à Kaboul, est prisé des hommes d’affaires et des ambassades étrangères (Reuters)
Le quartier de Shirpour, à Kaboul, est prisé des hommes d’affaires et des ambassades étrangères (Reuters)
Par
KABOUL, Afghanistan

Mardi matin, les Kabouliens ont appris à leur réveil que le chef d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait été tué dans la capitale afghane au cours du week-end.

Lorsque l’annonce officielle a été faite depuis Washington par le président américain Joe Biden, la plupart des Afghans dormaient profondément, mais à leur réveil, les habitants de Kaboul ne parlaient de cet assassinat qu’en chuchotant.

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Rares étaient les Kabouliens prêts à s’exprimer formellement sur la présence du chef d’al-Qaïda dans la ville, mais presque tout le monde suivait le sujet de près.

Pour la plupart des Afghans, l’élément le plus frappant de cette attaque était le lieu : le quartier de Shirpour, à Kaboul.

Au cours des vingt années d’occupation américaine, la plupart des frappes de drones se sont produites dans des districts difficiles d’accès dans des provinces où les talibans étaient très présents.

Compte tenu de cette tactique employée à la fois lors de frappes de drones étrangères et par l’armée de l’air de l’ancien gouvernement afghan, il était extrêmement difficile pour les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les habitants de confirmer les attaques, qui avaient souvent lieu la nuit dans des endroits pratiquement voire complètement privés d’électricité.

« Shirchoor », le quartier des « lions voleurs »

En revanche, l’attaque qui aurait coûté la vie à Zawahiri a eu lieu dans un quartier qui, pendant deux décennies, était prisé des anciens chefs de guerre, responsables de la République islamique soutenue par l’Occident et hommes d’affaires fortunés.

Si le chef d’al-Qaïda a réellement trouvé refuge dans le quartier, il semble peu probable que les talibans aient pu ignorer que l’un des terroristes les plus recherchés au monde se cachait dans la capitale du pays qu’ils contrôlent désormais.

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En raison du nombre de personnalités puissantes qui y ont élu domicile, le quartier était souvent surnommé « Shirchoor », le quartier des « lions voleurs », par les habitants de Kaboul mécontents de la corruption endémique qui régnait parmi les responsables.

Le quartier voisin de Wazir Akbar Khan est souvent désigné dans les médias étrangers comme un quartier diplomatique – les ambassades du Royaume-Uni, du Canada et de l’Allemagne s’y trouvaient – mais les habitants des deux quartiers ont souvent déploré le fait que ces désignations ne tenaient pas compte de leurs logements résidentiels.

Que Zawahiri se soit fondu dans la masse à Kaboul rappelle la période où les talibans abritaient Oussama ben Laden dans les années 1990, même si à l’époque, ben Laden vivait prétendument dans les montagnes et dans des districts afghans plus reculés.

Comme dans les années 1990, cependant, la plupart des Afghans ne savaient pas que les talibans cachaient le chef d’al-Qaïda.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.