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« Ils arrivent... » : un maire français déclenche un tollé avec une affiche sur les réfugiés

Le maire de Béziers, Robert Ménard, mène campagne contre les demandeurs d’asile avec une affiche représentant des hommes au pied de la cathédrale sous le slogan « Ça y est, ils arrivent... »
L’affiche de Robert Ménard montre des hommes au pied de la cathédrale de Béziers (Photo mise à la disposition de MEE)

Un maire français a déclenché un tollé parmi les groupes de défense des droits de l’homme mercredi après avoir placardé des affiches anti-migrants et demandé l’organisation d’un référendum local avant l’arrivée de demandeurs d’asile dans sa ville.

Intitulée « Ça y est, ils arrivent... », l’affiche met en scène un groupe d’hommes originaires du Moyen-Orient et d’Afrique devant la cathédrale de la ville méridionale de Béziers.

« L’État nous les impose », affirme l’affiche. « Les migrants dans notre centre-ville ! »

L’affiche dévoilée par le maire Robert Ménard, un allié du parti d’extrême droite le Front national, est une réponse au projet du gouvernement visant à transférer des milliers de migrants du littoral nord à des dizaines de sites dans toute la France.

Cette affiche n’est pas sans rappeler l’affiche controversée créée par l’un des principaux militants en faveur du Brexit, Nigel Farage, ancien chef du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui montrait une interminable file de migrants sous le slogan « Breaking Point » (point de rupture).

Emmaüs, une association française qui travaille auprès des migrants et des sans-abris, a dénoncé l’affiche « nauséabonde » de Robert Ménard dans une publication sur son compte Twitter.

SOS Racisme a demandé au préfet d’intervenir pour empêcher le référendum prévu par Robert Ménard.

L’entité gouvernementale de lutte contre le racisme, la DILCRA, a quant à elle saisi le procureur de la République de Béziers afin qu’une enquête soit ouverte sur ce qu’elle considère comme un exemple « flagrant » d’incitation à la haine.

« Les ciblages répétés de personnes ou de groupes [en] raison de leur origine ou de leur[s] croyance[s] [ne sauraient être acceptés] », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

S’exprimant à la radio française mercredi, Robert Ménard a déclaré qu’il mettrait tout en œuvre pour empêcher l’installation des migrants.

Maire de Béziers depuis 2014, Robert Ménard affirme ne pas avoir été informé de l’installation prévue d’un centre d’accueil de migrants dans sa ville et avoir estimé que les habitants devraient pouvoir s’exprimer sur l’installation ou non des migrants lors d’un référendum.

Plus tôt ce mois-ci, le maire avait publié sur Twitter une photo de classe datant des années 1970 représentant exclusivement des enfants blancs en demandant aux lecteurs de la comparer avec une photo de classe actuelle. Il avait alors affirmé que le « grand remplacement » était incontestable.

Le gouvernement prévoit de démanteler la « Jungle », un bidonville établi près de Calais dans le nord de la France, qui est actuellement occupé par environ 9 000 réfugiés et migrants.

Mais tandis que la plupart des communautés se sont mobilisées pour faciliter les nouvelles arrivées, les administrations de certaines petites villes s’y sont opposées, affirmant que le gouvernement leur avait imposé ces nouvelles arrivées.

Des manifestations anti-migrants ont été organisées dans un certain nombre de villes, et certains centres d’accueil en cours de préparation ont été attaqués.

Pendant 23 ans, Robert Ménard fut le directeur de l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières, qui a pris ses distances avec lui depuis son départ en 2008.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.