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La coalition saoudienne a délibérément frappé des cibles industrielles clés au Yémen selon HRW

Dix-sept frappes aériennes, qui ont tué 130 civils, « visaient à nuire à l’économie en ruine du Yémen », affirme Human Rights Watch
Plus de 2 500 personnes travaillaient sur les sites ciblés, indique HRW (AFP)

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a illégalement bombardé des usines, des entrepôts, des fermes et des centrales électriques au cours de sa campagne aérienne au Yémen, avec l’intention de nuire à l’avenir à long terme du pays, selon un rapport publié par Human Rights Watch (HRW).

Ce rapport de 59 pages affirme que 130 civils ont été tués et 171 blessés dans 17 frappes aériennes de la coalition qui visaient spécifiquement 13 sites critiques pour l’économie du Yémen, des attaques qui pourraient être, d’après l’organisation, des crimes de guerre.

Plus de 2 500 personnes étaient employées sur les différents sites et après ces attaques, des centaines de travailleurs ont perdu leur gagne-pain, indique le rapport.

« Les frappes aériennes répétées de la coalition sur les usines civiles semblent destinées à nuire à long terme à l’économie dévastée du Yémen », a déclaré Priyanka Motaparthy, chercheuse auprès de la division Urgences de Human Rights Watch et rédactrice du rapport.

« L’Arabie saoudite et les autres membres de la coalition n’ont manifesté aucune envie d’enquêter sur les attaques illégales ou même d’indemniser les victimes pour les vies et les biens perdus », a ajouté Motaparthy.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui comprend Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan et qui reçoit également une aide des États-Unis, a lancé une campagne aérienne contre les Houthis et les forces qui leur sont alliées au Yémen en mars 2015.

Depuis lors, plus de 6 500 personnes, pour moitié des civils, ont été tuées. En mars, l’ONU a accusé la coalition de causer deux fois plus de victimes civiles que les autres parties au conflit et a condamné la coalition pour n’avoir pas réussi à empêcher les incidents mortels.

Cependant, l’Arabie saoudite nie avoir causé la mort de civils à grande échelle et affirme avoir fait des efforts pour éviter les cibles civiles.

Dans son rapport, HRW appelle les membres de la coalition à accepter une enquête internationale indépendante sur ces allégations.

Le 10 avril, les parties au conflit ont annoncé une cessation des hostilités et ont commencé des négociations de paix au Koweït plus tard dans le mois. Le niveau de violence dans le pays a diminué après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, mais les frappes aériennes et les combats sur le terrain ont continué.

Les frappes aériennes, a déclaré HRW, ont aggravé une situation déjà sombre dans laquelle plus de 80 % de la population du Yémen nécessite une certaine forme d’aide humanitaire.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a prévenu fin juin que l’économie yéménite était « dans un état précaire », mentionnant une « pénurie alarmante de produits alimentaires de base » au Yémen.

Human Rights Watch et d’autres groupes de défense des droits ont demandé aux gouvernements étrangers de cesser les ventes et les transferts d’armes et de matériel militaire connexe aux parties impliquées dans le conflit au Yémen.

Plus tôt cette année, le groupe de défense des droits de l’homme a également demandé dans une lettre adressée à l’ONU à ce que l’Arabie saoudite soit suspendue du Conseil des droits de l’homme onusien à la lumière de sa conduite au Yémen.

La lettre signée par Human Rights Watch et Amnesty International affirmait que l’Arabie saoudite avait utilisé son appartenance à cet organisme pour dissimuler les violations des droits de l’homme commises pendant la guerre au Yémen.

Des documents obtenus et publiés par Wikileaks ont montré que la Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite avaient conclu un « accord secret » pour s’assurer de pouvoir toutes deux être élues à cet influent organisme de l’ONU.

L’élection de l’Arabie saoudite au Conseil en 2013 avait suscité un tollé international par rapport au passif de l’État du Golfe concernant les droits de l’homme.

Dans le passé, l’organisme des droits de l’homme des Nations unies avait critiqué l’Arabie saoudite dans son rapport annuel pour le bilan du royaume en la matière.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.