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Le COVID-19 alimente les théories conspirationnistes antisémites, selon une étude européenne

Le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne relève que « de nouveaux mythes et théories conspirationnistes antisémites qui accusent les juifs de la pandémie ont fait leur apparition »
Le rapport fonde ses conclusions sur un examen des données officielles compilées par les États membres de l’UE et sur les données non officielles collectées par les organisations de la société civile (AFP)
Le rapport fonde ses conclusions sur un examen des données officielles compilées par les États membres de l’UE et sur les données non officielles collectées par les organisations de la société civile (AFP)
Par MEE

L’antisémitisme s’est accentué pendant la pandémie, en particulier sur internet, juge un nouveau rapport de l’Union européenne (UE) publié mardi, mais il est difficile de dresser un tableau exact de l’ampleur du problème en raison de l’absence de certaines données.

Au-delà de la résurgence de vieux mensonges, « de nouveaux mythes antisémites et théories conspirationnistes qui accusent les juifs de la pandémie ont fait leur apparition » selon le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA).

Traduction : « Que révèle notre mise à jour annuelle sur les incidents antisémites ? Que des manques importants de données persistent / Que l’antisémitisme en ligne a progressé pendant le COVID-19 / Que seuls 13 États membres ont mis au point une stratégie nationale contre l’antisémitisme. »

La publication de la FRA (« Antisemitism: Overview of Antisemitic Incidents Recorded in the European Union 2010-2020 ») précise par ailleurs que les actes antisémites sont constamment sous-déclarés.

Il est d’ailleurs difficile de s’atteler au problème en raison du manque de données, déplore l’agence.

Améliorer le signalement

Le rapport fonde ses conclusions sur un examen des données officielles compilées par les États membres de l’UE et sur les données non officielles collectées par les organisations de la société civile.

Ont également été utilisées les données provenant d’Albanie, de Macédoine du Nord et de Serbie, tout trois candidats à l’adhésion à l’Union européenne. Aucune donnée officielle n’était disponible pour deux États membres : la Hongrie et le Portugal.

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Les groupes de défense des droits de l’homme en Allemagne observent eux aussi un lien entre l’essor de l’antisémitisme et la pandémie.

Le RIAS Berlin (centre d’information et de recherche sur l’antisémitisme) rapporte que 44 % des incidents recensés étaient liés au coronavirus dans les premiers mois de la pandémie.

Selon le rapport de la FRA, une fédération de communautés juives de République tchèque a recensé 874 incidents en 2020, contre 694 l’année précédente.

Presque tous concernaient la presse ou internet et il s’agissait pour beaucoup de théories conspirationnistes antisémites spécifiquement liées à la pandémie.

« Non seulement les victimes et les témoins doivent être encouragés à signaler les incidents antisémites, mais les autorités doivent mettre en place des systèmes qui permettent le recensement et le rapprochement de ces incidents », préconise le rapport.

D’après la FRA, moins de la moitié des pays de l’UE ont mis au point une stratégie nationale ou un plan d’action pour aborder les actes anti-juifs. 

« L’antisémitisme est un problème grave. Mais sans données, impossible d’en mesurer l’ampleur »

- Michael O’Flaherty, directeur de la FRA

Six de ces pays (la Belgique, la République tchèque, la France, la Grèce, la Hongrie et les Pays-Bas) ont établi des mécanismes de coopération avec les organisations de la société civile pour collecter des données sur les actes antisémites.

« L’antisémitisme est un problème grave », estime le directeur de la FRA Michael O’Flaherty dans un communiqué présentant le rapport. « Mais sans données, impossible d’en mesurer l’ampleur. 

« Les pays européens doivent encourager le signalement de ces incidents et améliorer le recensement et la collecte des données », ajoute-t-il.

« Ainsi, nous serons plus à même de nous attaquer à la haine et aux préjugés contre les juifs », assure le responsable.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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