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Le « programme islam » de Zemmour sème un peu plus de haine sur les réseaux sociaux

Séparatisme, port du voile dans l’espace public, mort d’un soldat français au Sahel, Frères musulmans… pour les internautes, les amalgames entre islam et intégrisme faits par le candidat à la présidentielle ne passent pas
Pour Éric Zemmour, l’islam n’est pas « compatible avec la France » et le voile doit être interdit dans l’espace public (AFP/Jean-Pierre Muller)
Pour Éric Zemmour, l’islam n’est pas « compatible avec la France » et le voile doit être interdit dans l’espace public (AFP/Jean-Pierre Muller)
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Dans un tweet intitulé « Nous allons reconquérir la France », Éric Zemmour, candidat à la présidentielle française crédité de 13 % des voix au premier tour, a présenté dimanche les grandes lignes de son « programme islam ». 

On y lit qu’il entend interdire le port du voile islamique dans l’espace public et la construction de minarets et de mosquées imposantes. 

Qu’il prévoit également le contrôle strict des imams et des financements étrangers du culte musulman et qu’il souhaite expulser systématiquement tous les étrangers pouvant représenter une menace à l’ordre public, en particulier les dénommés fichés S (pour « atteinte à la sûreté de l’État »).

Éric Zemmour veut enfin fermer de manière définitive les lieux de promotion du « djihad », interdire les Frères musulmans et toute mouvance liée. 

Le « djihad », un de ses éléments de langage favori : le même jour, il réagissait à la mort d’un nouveau soldat français au Mali en commentant sur Twitter : « Une victime de plus dans notre combat contre le djihad », et expliquait sur le même réseau que Patrick Jardin, père d’une des victimes de l’attentat contre le Bataclan, incarnait « la tragédie des innocents face au djihad ». 

Des amendes pour les femmes voilées

Vendredi 21 janvier, sur LCI, interpellé sur son souhait d’interdire le port du voile dans l’espace public, le candidat d’extrême droite avait affirmé au journaliste Darius Rochebin sa volonté de mettre en place des amendes pour les femmes qui portent le voile. « La France, c’est la discrétion religieuse dans l’espace public », insiste-t-il. 

Sur internet, ses détracteurs ont largement commenté « son programme islam », en lui reprochant principalement de faire l’amalgame entre cette religion et l’intégrisme. 

Du côté des politiques, le programme de Zemmour a suscité des interrogations. 

Fatima Amarir, adjointe au maire d’Argenteuil et soutien de Valérie Pécresse (Les Républicains, droite), commente sur Twitter : « C’est effrayant de voir qu’on puisse proposer ce type de programme. Cela vous rappelle quoi ? »

Sur sa lancée, Éric Zemmour, qui vient d’être rejoint par le député européen Gilbert Collard après son départ du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, a publié lundi 24 janvier une tribune dans Le Figaro dans laquelle il rappelle les grandes lignes de son programme et revient sur le documentaire de l’émission « Zone interdite » diffusé dimanche soir sur M6. 

Dans ce numéro consacré au « séparatisme », les images de poupées voilées sans visage dans un magasin de jouets parce que selon la vendeuse, « islamiquement parlant, on ne reproduit pas le visage, c’est Allah qui le crée », ont particulièrement fait réagir les internautes.

« Ainsi, les us et coutumes de l’Afghanistan totalitaire prennent racine chez nous, sous le regard bienveillant des pouvoirs publics », commente le candidat dans le quotidien. « Il est temps d’empêcher toute infiltration étrangère. Le moment est venu d’imposer à l’islam la discrétion dans notre pays et le plus grand respect de notre identité ! », conclut-il.

Réagissant aux images filmées dans une école privée où les fillettes de 9 ans sont voilées et séparées des garçons, le candidat a aussi repartagé l’extrait en tweetant : « L’Afghanistan à deux heures de Paris. »