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« C’est le moment » : Naftali Bennett exhorte les Israéliens à s’armer

Le Premier ministre israélien a appelé les citoyens volontaires à renforcer l’armée et la police, annonçant la mise en place d’une nouvelle « brigade de police des frontières », tandis qu’un ancien général a mis en garde les Palestiniens contre une autre Nakba
Des membres de la police des frontières israélienne se rassemblent près de la Via Dolorosa à Jérusalem le 28 mars 2022, alors qu’Israël renforce ses mesures de sécurité après une série d’attaques meurtrières (AFP)
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Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a appelé les propriétaires d’armes à feu à s’armer en public après une fusillade qui a causé la mort de cinq personnes dans un quartier juif ultra-orthodoxe de Tel Aviv mardi soir.

« Après une période de calme, nous assistons à une éruption de violence de la part de ceux qui veulent nous détruire, ceux qui veulent nous faire du mal à tout prix », a déclaré Bennett mercredi dans une allocution enregistrée à son domicile, où il est en quarantaine après avoir été testé positif au covid-19.

« Qu’est-ce qu’on attend de vous, citoyens israéliens ? Vigilance et responsabilité.

« Nous évaluons aussi en ce moment un cadre plus large pour impliquer les volontaires civils souhaitant aider et être utiles », a-t-il ajouté.

Ses remarques sont intervenues quelques heures après la fusillade de mardi, perpétrée par un Palestinien de Cisjordanie occupée, et survenue quelques jours après deux incidents similaires, commis par ces citoyens palestiniens d’Israël, qui ont fait six morts et plusieurs blessés en Israël.

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Tous les assaillants ont été tués par balles dans la foulée.

« Nous vivons une vague de terreur meurtrière et, comme lors de toutes les vagues précédentes, cette fois aussi, nous vaincrons », a assuré Bennett.

Le Premier ministre israélien a ajouté que son gouvernement avait accepté de former une nouvelle « brigade de police des frontières » qui traquerait ceux qui ont un lien quelconque avec le groupe État islamique (EI), et a déclaré qu’il cherchait des moyens d’intégrer des volontaires, « des citoyens souhaitant aider ».

À la suite de l’attaque de mardi soir, la police israélienne a annoncé qu’elle avait relevé le niveau d’alerte à son maximum depuis mai 2021. Un épisode de violences avait eu lieu pendant le Ramadan de l’année dernière à la suite des tentatives israéliennes d’expulser des familles palestiniennes de Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est occupée, pour faire place à des colons.

Cela avait provoqué des manifestations généralisées dans toute la Cisjordanie occupée et au sein de la communauté palestinienne d’Israël, et des roquettes avaient été tirées par des groupes armés à Gaza, déclenchant une opération militaire à grande échelle d’Israël sur la bande assiégée qui avait causé la mort de 260 Palestiniens, dont 66 enfants, selon l’ONU. En Israël, 12 personnes avaient été tuées par des roquettes lancées depuis Gaza.

L’armée israélienne a déclaré mercredi que douze bataillons supplémentaires avaient été déployés le long de la barrière séparant Israël de la Cisjordanie et deux autres le long de la bande de Gaza.

Le bureau du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a déclaré que 1 000 soldats entraînés devaient également être déployés pour aider la police israélienne dans des « opérations de sécurité intérieure ».

Les troupes aideront à recueillir des renseignements et à guider les opérations de sécurité contre les Palestiniens qui pourraient se trouver en Israël sans permis.

Un ancien général met en garde contre une autre Nakba

Dernièrement, les demandes d’achat d’armes faites par des Israéliens ont augmenté, selon le site d’information Walla.

D’après les données du ministère de la Sécurité publique, les demandes ont été multipliées par trois et demi par rapport à la même période l’année dernière, a rapporté Walla.

Plus d’un millier de demandes d’achat d’armes à feu ont été soumises depuis début mars, et le nombre de demandes a doublé au cours des deux dernières semaines.

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Le dernier incident a déclenché de nombreux cas de violences perpétrées par des colons dans les territoires palestiniens occupés, tandis qu’à Bnei Brak – le théâtre de l’attaque de mardi – des dizaines d’Israéliens se sont rassemblés, certains scandant des slogans anti-palestiniens, dont « mort aux Arabes ».

Tard mardi, Uzi Dayan, ancien général de l’armée israélienne et membre du Parlement israélien (la Knesset), a mis en garde les Palestiniens contre une autre Nakba.

« La chose que nous devons dire à la communauté arabe, même à ceux qui n’ont pas participé aux attentats, c’est de faire attention », a-t-il déclaré.

« Si nous arrivons à une situation de guerre civile, les choses se termineront par un mot et une situation que vous connaissez, à savoir la Nakba », a-t-il ajouté. « C’est ce qui arrivera à la fin. »

La Nakba, ou « catastrophe » en arabe, est le nom donné pas les Palestiniens aux massacres et aux expulsions forcées dont ils ont été victimes aux mains des milices sionistes en 1948, lors de la création d’Israël.

Traduit de l’anglais (original).