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L’étrange « fausse » lettre de Kais Saied à son homologue algérien

Dans cette lettre non authentifiée, le président tunisien aurait demandé l’aide de son homologue algérien concernant le dossier ukrainien
Les présidents algérien et tunisien à l’aéroport Tunis-Carthage, le 15 décembre 2021 (AFP/Fethi Belaid)
Les présidents algérien et tunisien à l’aéroport Tunis-Carthage, le 15 décembre 2021 (AFP/Fethi Belaid)
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Le président tunisien Kais Saied a ordonné à son ministre de l’Intérieur d’ouvrir une enquête pour « falsification de documents officiels touchant à la sécurité nationale ».

« L’affaire » concerne une lettre, dont l’écriture manuscrite ressemble à celle du chef de l’État, publiée sur les réseaux sociaux et censée être adressée à son homologue algérien, le président Abdelmadjid Tebboune.

Depuis mardi, cette prétendue missive publiée sur les réseaux sociaux a été présentée comme une lettre originale. Le président tunisien se distingue par le fait qu’il écrit lui-même à la main ses lettres officielles.

La lettre incriminée comporte des critiques acerbes attribuées à Kais Saied contre les États-Unis et le Fonds monétaire international (FMI), les présentant comme des « gangsters gérant une banque de brigands et employant toutes sortes de chantages et de barbouzeries ».

« Nous n’avions pas le choix »

L’auteur de cette présumée lettre officielle dénonce également ces pays qui permettent à des « traîtres » de manifester devant les ambassades tunisiennes à l’étranger.

On y lit également que « des pourparlers positifs ont eu lieu avec la Russie », que le président tunisien devait rencontrer Vladimir Poutine, mais que la guerre en Ukraine a empêché cette rencontre.

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Cette lettre donne enfin un contenu étonnant, puisque le prétendu auteur signant du nom du président tunisien adresse une requête bien spécifique au président algérien.

« Comme vous le savez, et afin d’alléger l’isolement international que nous ont imposé les États-Unis, ses alliés et ses agents, la Tunisie a voté contre la Russie lors de la dernière session du Conseil de sécurité [en fait, de l’Assemblée générale, le 2 mars]. Cette décision a été prise, non pas par lâcheté, mais parce que nous n’avions pas le choix, car cela permettrait d’ouvrir les négociations avec le FMI », peut-on lire.

Il est ensuite demandé au président algérien de parler aux Russes – l’Algérie, pour rappel, est un partenaire stratégique et historique de Moscou – pour leur expliquer cette situation, et leur exprimer « le respect à leur direction ainsi que le soutien et la solidarité [de la Tunisie] ».