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Israël : Ben-Gvir salue le travail « bien fait » du soldat « héroïque » qui a abattu un Palestinien à bout portant

Le politicien israélien d’extrême droite Itamar Ben-Gvir a assuré au soldat qu’on voit tuer un jeune Palestinien à Huwwara sur une vidéo virale que ses actes « rapides et rigoureux » étaient « respectables »
Le député israélien d’extrême droite et dirigeant du parti Force juive Itamar Ben-Gvir s’exprime lors d’un meeting avec ses partisans, le 26 octobre (AFP)
Le député israélien d’extrême droite et dirigeant du parti Force juive Itamar Ben-Gvir s’exprime lors d’un meeting avec ses partisans, le 26 octobre (AFP)
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S’adressant au soldat qui a abattu un Palestinien un bout portant vendredi, le nouveau ministre de la Sécurité nationale d’Israël a salué cet homicide « précis, rapide et rigoureux » et qualifié le tireur de « héros ». 

Itamar Ben-Gvir estime que le soldat a « bien fait » son travail en abattant Ammar Mefleh (22 ans), dont la mort a été filmée et est devenue virale sur les réseaux sociaux. 

Dans cette vidéo, le soldat – qui n’a pas été identifié – se bat avec Ammar Mefleh dans la ville de Huwwara près de Naplouse en Cisjordanie occupée puis sort une arme et tire à deux reprises, envoyant le jeune au sol avant de tirer deux fois de plus.

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« Une action précise, vous nous avez vraiment tous comblés d’honneur et fait ce qu’on attendait de vous », assurait samedi Ben-Gvir au tireur. 

« Vous vous êtes protégé et vous avez protégé les gens d’ici. Chaque terroriste saura que s’il veut voler une arme et tuer un combattant – voilà comment opèrent les combattants. »  

Les forces israéliennes prétendent qu’Ammar Mefleh avait tenté de perpétrer une attaque au couteau avant d’être abattu. Cependant, dans la vidéo, ses mains sont vides lors de la bagarre avec le soldat, y compris au moment où il a été abattu. 

En réponse aux louanges de Ben-Gvir, le soldat a déclaré au député être « ravi d’avoir pu faire ce qu’on attendait de nous et que tout se soit terminé ainsi ». 

« Une atteinte manifeste aux droits de l’homme »

Ces remarques s’opposent frontalement à la description de la fusillade par les organisations de défense des droits de l’homme, qui la qualifient d’« exécution en plein jour ». 

À la suite de cet incident, Jewish Voice for Peace a appelé les États-Unis à cesser tout financement militaire à Israël, soulignant qu’il s’agissait du neuvième Palestinien tué par l’armée israélienne cette semaine-là.

Traduction : « Stop au financement militaire américain à Israël. Un soldat israélien exécute un Palestinien en plein jour. Ammar Mefleh est le neuvième Palestinien tué par l’armée israélienne cette semaine. L’armée israélienne a tué plus de 200 Palestiniens cette année. »

De son côté, International Human Rights Foundation indique que la fusillade « ne doit pas rester impunie » et réclame des sanctions à l’égard d’Israël. 

« Ces assassinats par les agents de l’État israélien sont trop fréquents et constituent une atteinte manifeste aux droits de l’homme. La communauté internationale doit prendre des sanctions », a déclaré l’organisation dans un tweet. 

Tor Wennesland, Coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a quant à lui présenté ses « sincères condoléances » à la famille de la victime et demandé des comptes.   

« Ces incidents doivent faire l’objet d’une enquête complète et immédiate, et les responsables doivent être traduits en justice », a-t-il tweeté

L’essor de Ben-Gvir

Avocat d’extrême droite dont le parti (Force juive) a signé fin novembre son premier accord de coalition avec le parti de Benyamin Netanyahou (Likoud), Ben-Gvir a percé sur la scène mainstream ces derniers mois malgré ses opinions extrêmes. 

Parmi ses autres remarques controversées, il qualifie fréquemment ses collègues arabes à la Knesset de « terroristes ». Il a demandé l’expulsion de ses opposants politiques et, dans sa jeunesse, ses opinions étaient tellement extrêmes que l’armée lui a interdit de réaliser le service militaire obligatoire.

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Pourtant, Ben-Gvir est sur le point d’être nommé « ministre de la Sécurité nationale », avec des pouvoirs considérablement étendus.

Force juive obtiendra également le ministère du Développement du Néguev et de la Galilée et le ministère du Patrimoine juif, selon les termes de l’accord avec le Likoud signé fin novembre.

Le nouveau ministère de la Sécurité nationale sera étendu dans le cadre de l’accord et comprendra plusieurs instances de maintien de l’ordre précédemment dispersées entre différents organismes gouvernementaux, a rapporté Haaretz.

Parmi celles-ci figure la police des frontières en Cisjordanie occupée, une unité militaire composée de 2 000 soldats formés auprès de la police des frontières et dont les missions incluent les troubles à l’ordre public, les arrestations et l’évacuation des avant-postes illégaux (les colonies jugées illégales également par Israël). Jusqu’à présent, elle était sous l’autorité du Commandement central de l’armée israélienne.

Une source haut placée dans les forces de l’ordre a exprimé ses inquiétudes à Haaretz concernant cette décision, estimant qu’elle « transform[ait] la police des frontières en police personnelle de Ben-Gvir dans les territoires [occupés] ».

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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