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En faisant de la Chine l’ennemi, l’OTAN menace la paix mondiale

La nouvelle attitude de l’OTAN à l’égard de Beijing remet intégralement en question sa prétention à être une alliance « défensive »
Le président américain Joe Biden prend la parole lors du sommet de l’OTAN à Madrid, le 30 juin 2022 (AFP)
Le président américain Joe Biden prend la parole lors du sommet de l’OTAN à Madrid, le 30 juin 2022 (AFP)

Comme le dit l’adage, si tout ce que vous avez est un marteau, tout ressemble à un clou.

L’Occident dispose de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une alliance militaire autoproclamée « défensive », de sorte que tout pays qui refuse ses diktats doit constituer par définition une menace militaire offensive. 

C’est en partie la raison pour laquelle l’OTAN a publié un nouveau document de « concept stratégique » fin juin à l’occasion de son sommet à Madrid, déclarant pour la première fois que la Chine constitue un « défi systémique » pour l’alliance, parallèlement à la « menace » principale émanant de la Russie.

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Beijing considère cette nouvelle désignation comme un pas décisif de l’OTAN sur la voie qui l’amènera à la désigner elle aussi comme une « menace » – faisant écho à l’approche progressive de l’alliance vis-à-vis de Moscou au cours de la dernière décennie. Dans sa précédente déclaration de mission, publiée en 2010, l’OTAN préconisait « un véritable partenariat stratégique » avec la Russie.

Selon des informations relayées par le New York Times, la Chine aurait été ouvertement qualifiée de « menace » fin juin sans l’intervention de l’Allemagne et de la France. Les deux puissances ont insisté pour que cette terminologie plus hostile soit atténuée afin de ne pas nuire à leurs liens commerciaux et technologiques avec la Chine.

En réponse, Beijing a accusé l’OTAN « [de l’attaquer] et [de la diffamer] de manière malveillante » et a prévenu que l’alliance s’employait à « provoquer une confrontation ». Beijing estime, non sans raison, que l’OTAN s’est fortement éloignée de sa sphère d’intérêt « défensive » supposée : l’Atlantique Nord.

« C’est l’OTAN elle-même qui crée des problèmes dans le monde entier »

L’OTAN a été fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, expressément pour servir de rempart à l’expansion soviétique en Europe de l’Ouest.

La guerre froide qui a suivi a été en premier lieu une bataille territoriale et idéologique pour l’avenir de l’Europe, avec la menace mutuelle omniprésente d’un anéantissement nucléaire.

Ainsi, pourrait-on s’interroger à juste titre du côté de Beijing : en quoi la Chine – située de l’autre côté du globe – fait-elle partie de la mission « défensive » historique de l’OTAN ?

Comme Beijing et Moscou renforcent leurs liens stratégiques face à l’opposition occidentale, l’OTAN doit présumer que leur objectif commun est de provoquer l’effondrement de la civilisation occidentale

En quoi ses troupes ou ses missiles menacent-ils aujourd’hui l’Europe ou les États-Unis comme jamais auparavant ? En quoi les Américains ou les Européens se retrouvent-ils soudainement sous la menace d’une conquête militaire chinoise ?

La logique actuelle de l’OTAN se présente ainsi : l’invasion russe de l’Ukraine lancée en février est la preuve que le Kremlin ambitionne de recréer son ancien empire soviétique en Europe.

La Chine accroît sa puissance militaire et nourrit des ambitions impériales similaires pour Taïwan, État rival et dissident, ainsi que des îles du Pacifique occidental. Et comme Beijing et Moscou renforcent leurs liens stratégiques face à l’opposition occidentale, l’OTAN doit présumer que leur objectif commun est de provoquer l’effondrement de la civilisation occidentale. 

Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping se rencontrent à Beijing, le 4 février 2022 (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping se rencontrent à Beijing, le 4 février 2022 (AFP)

Ou alors, comme le proclamait fin juin la déclaration de mission de l’OTAN : « Le resserrement du partenariat stratégique entre la République populaire de Chine et la Fédération de Russie, ainsi que leurs tentatives, se conjuguant entre elles, qui visent à déstabiliser l’ordre international fondé sur des règles, vont à l’encontre de nos valeurs et de nos intérêts. »

Pourtant, s’il y a bien une entité qui subvertit l’« ordre international fondé sur des règles », une norme que l’Occident invoque régulièrement sans jamais la définir, il semblerait que ce soit l’OTAN elle-même – ou alors les États-Unis, la main qui tient le marteau de l’OTAN. 

C’est certainement l’impression qu’en a Beijing. « Trente ans après la fin de la guerre froide, [l’OTAN] n’a pas encore renoncé à sa pensée et sa pratique consistant à se créer des “ennemis”. […] C’est l’OTAN elle-même qui crée des problèmes dans le monde entier », a soutenu la Chine dans sa réponse.

Fabriquer des ennemis

La Chine n’a pas tort. Le problème des bureaucraties – et l’OTAN est la plus grande bureaucratie militaire du monde – est qu’elles développent rapidement un engagement institutionnel primordial pour assurer leur existence permanente, voire leur expansion. Les bureaucraties deviennent naturellement de puissants lobbies pour leur propre préservation, même lorsqu’elles survivent à leur finalité. 

S’il n’y a pas de menace contre laquelle se « défendre », alors il faut en fabriquer une. Cela peut signifier deux choses : soit inventer une menace imaginaire, soit provoquer cette même menace que la bureaucratie était destinée à prévenir ou contrecarrer. Tout porte à croire que l’OTAN – qui regroupe désormais 30 pays – fait les deux. 

L’argument de l’impérialisme russe insidieux et ravivé ne semble fondé sur aucune réalité évidente

Rappelons que l’OTAN aurait dû se dissoudre après la chute de l’Union soviétique en 1991. Pourtant, trois décennies plus tard, elle est plus grande et plus avide de ressources que jamais. 

Contre toutes les recommandations et en violation de ses propres promesses, l’OTAN refuse de maintenir un « tampon de sécurité » avec la Russie.

À la place, elle poursuit son expansion jusqu’aux frontières de la Russie, y compris en se glissant furtivement en Ukraine, la porte par laquelle les armées ont historiquement envahi la Russie. 

Il ne fait aucun doute que la Russie s’est révélée être une véritable menace pour l’intégrité territoriale de son voisin ukrainien en lançant la conquête de sa région orientale, qui abrite une importante communauté ethnique russe que le Kremlin prétend protéger.

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Mais même si nous rejetons l’affirmation répétée du président russe Vladimir Poutine selon laquelle Moscou ne nourrit pas d’ambitions plus grandes, les pertes substantielles de l’armée russe invitent à penser qu’elle ne peut guère espérer étendre sa portée militaire beaucoup plus loin. 

Même si Moscou espérait se tourner vers la Pologne ou les États baltes, ou encore vers les dernières recrues de l’OTAN, la Suède et la Finlande, une telle démarche entraînerait un risque clair de confrontation nucléaire. C’est peut-être la raison pour laquelle le public occidental entend si souvent ses responsables politiques et ses médias présenter Poutine comme une sorte de mégalomane dérangé.

L’argument de l’impérialisme russe insidieux et ravivé ne semble fondé sur aucune réalité évidente.

Il s’agit toutefois d’un moyen très efficace pour les bureaucrates de l’OTAN de justifier l’augmentation de leur budget et de leur pouvoir, tandis que les industries de l’armement qui se nourrissent de l’OTAN et sont implantées dans les capitales occidentales augmentent considérablement leurs bénéfices.

Illusion grotesque

L’impression que cela aurait pu être le plan de l’OTAN face à Moscou n’est que soulignée par la manière encore moins justifiée dont elle traite désormais la Chine.

La Chine n’a récemment envahi aucun territoire souverain, contrairement aux États-Unis et à ses alliés, et le seul territoire qu’elle pourrait menacer – Taïwan – se trouve à environ 12 000 kilomètres du continent américain et à une distance similaire de la majeure partie de l’Europe. 

L’intention pourrait-elle être de pousser Beijing à adopter une position militaire plus agressive dans sa propre région, afin de justifier l’expansion de l’OTAN bien au-delà de l’Atlantique Nord ?

L’argument selon lequel l’armée russe pourrait vaincre l’Ukraine et se tourner ensuite vers la Pologne et la Finlande rejoint tout au moins une certaine probabilité géographique, aussi lointaine soit-elle. En revanche, l’idée que la Chine puisse envahir Taïwan et diriger ensuite sa puissance militaire vers la Californie et l’Italie relève de l’illusion grotesque. 

La nouvelle attitude de l’OTAN à l’égard de Beijing remet intégralement en question son statut d’alliance « défensive ». Il semblerait bien qu’elle soit passée à l’offensive. 

L’OTAN a notamment invité pour la première fois à son sommet quatre États de la région Asie-Pacifique : l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud.

La création de cet « AP4 » allié à l’OTAN est sans doute destinée à véhiculer auprès de Beijing des parallèles avec le recrutement progressif par l’OTAN d’États d’Europe de l’Est à partir de la fin des années 1990, avec en point d’orgue son flirt plus récent avec l’Ukraine et la Géorgie, des lignes rouges de longue date pour la Russie.

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En fin de compte, la cour engagée par l’OTAN auprès des voisins de la Russie a donné lieu à des attaques de Moscou, d’abord contre la Géorgie puis contre l’Ukraine, qui ont renforcé le discours de la « menace russe ».

L’intention derrière ces avancées similaires avec l’« AP4 » pourrait-elle être de pousser Beijing à adopter une position militaire plus agressive dans sa propre région, afin de justifier l’expansion de l’OTAN bien au-delà de l’Atlantique Nord et de pouvoir faire du monde entier son arrière-cour ? 

Il y a déjà des signes clairs en ce sens. En mai, le président américain Joe Biden a promis que les États-Unis – et par conséquent l’OTAN – apporteraient une aide militaire à Taïwan en cas d’attaque. Beijing considère Taïwan, situé à quelque 200 kilomètres de ses côtes, comme un territoire chinois. 

De même, la secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères Liz Truss a demandé fin juin aux pays de l’OTAN d’envoyer des armes de pointe à Taïwan, de la même manière que l’OTAN a armé l’Ukraine, afin de garantir que l’île dispose de « la capacité de défense dont elle a besoin ».

Cela fait écho au discours de l’OTAN sur ses objectifs en Ukraine : l’alliance envoie des armes en Ukraine pour « défendre » le reste de l’Europe. Aujourd’hui, l’OTAN se présente également comme la gardienne de la région Asie-Pacifique.

Une « coercition économique »

Mais en réalité, il ne s’agit pas simplement de menaces militaires concurrentes. Il existe une couche supplémentaire d’intérêts personnels occidentaux, dissimulée derrière des airs d’alliance « défensive ». 

Quelques jours avant le sommet de l’OTAN, le G7, groupe constitué des sept principales nations industrialisées qui forment le noyau de l’OTAN, a annoncé son intention de lever 600 milliards de dollars pour investir dans les pays en voie de développement.

L’objectif de la Chine est de devenir la plaque tournante d’un réseau mondial de nouveaux projets d’infrastructure – des autoroutes aux ports, en passant par les systèmes avancés de télécommunication – afin de renforcer ses liens commerciaux avec l’Afrique, le Moyen-Orient, la Russie et l’Europe

Il ne s’agit pas d’une démarche altruiste. L’Occident s’inquiète profondément de l’influence croissante de Beijing sur la scène mondiale avec sa « nouvelle route de la soie », initiative annoncée en 2013 et chiffrée en milliers de milliards de dollars.

La Chine est agressive, mais jusqu’à présent, son offensive se limite au soft power. Au cours des prochaines décennies, elle prévoit d’investir dans les infrastructures de dizaines de pays en voie de développement. À ce jour, plus de 140 pays ont adhéré à l’initiative.

L’objectif de la Chine est de devenir la plaque tournante d’un réseau mondial de nouveaux projets d’infrastructure – des autoroutes aux ports, en passant par les systèmes avancés de télécommunication – afin de renforcer ses liens commerciaux avec l’Afrique, le Moyen-Orient, la Russie et l’Europe. 

Si elle y parvient, la Chine imposera sa domination économique aux quatre coins du globe – et c’est ce qui inquiète réellement l’Occident, en particulier les États-Unis et leur bureaucratie militaire qu’est l’OTAN. Ils qualifient cela de « coercition économique ».

La semaine dernière, les chefs du FBI et du MI5 – les services de renseignement national des États-Unis et du Royaume-Uni – ont tenu une conférence de presse conjointe sans précédent à Londres pour avertir que la Chine représentait « la plus grande menace à long terme pour notre sécurité économique et nationale ».

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Soulignant les priorités occidentales, ils ont ajouté que toute attaque contre Taïwan « représenterait l’une des plus horribles perturbations commerciales que le monde ait jamais vues ».

À l’époque de la guerre froide, une éventuelle invasion militaire soviétique ne représentait pas la seule préoccupation de Washington, ni même la plus importante. Compte tenu de la doctrine nucléaire de la destruction mutuelle assurée, aucun des deux pays n’avait intérêt à engager une confrontation directe. 

À la place, chacun a traité les nations en voie développement comme des pions dans une guerre économique autour de ressources à piller et de marchés à contrôler.

Chaque camp a essayé d’étendre sa prétendue « sphère d’influence » vers d’autres États et de s’adjuger une plus grande part des richesses de la planète, afin d’alimenter son économie nationale et de développer son industrie militaire. 

Une situation de servitude pour dettes

La rhétorique occidentale sur la guerre froide mettait l’accent sur une bataille idéologique entre les libertés occidentales et l’autoritarisme soviétique. Cependant, quelle que soit l’importance que l’on accorde à ce combat rhétorique, la bataille la plus importante pour chaque camp consistait à prouver aux autres États la supériorité du modèle économique issu de son idéologie. 

Il convient de rappeler qu’au début de la guerre froide, les partis communistes étaient favoris aux élections dans plusieurs États européens, ce qui était extrêmement évident pour les rédacteurs du Traité de l’Atlantique Nord.

Des soldats américains patrouillent dans une zone proche de la frontière entre la Syrie et l’Irak, le 12 janvier 2021 (AFP)
Des soldats américains patrouillent dans une zone proche de la frontière entre la Syrie et l’Irak, le 12 janvier 2021 (AFP)

Si les États-Unis ont tant investi dans l’armement – leur budget militaire dépasse aujourd’hui les dépenses combinées des neuf pays suivants –, c’était précisément pour contraindre les nations les plus pauvres à rejoindre leur camp et punir celles qui refusaient.

Cette tâche a été facilitée après la chute de l’Union soviétique. Dans un monde unipolaire, Washington a pu définir qui serait traité comme un ami et à quelles conditions, mais aussi qui serait traité comme un ennemi. 

L’OTAN a principalement servi d’alibi à l’agression américaine en dissimulant son militarisme largement unilatéral derrière une légitimité multilatérale de façade.

En réalité, l’« ordre international fondé sur des règles » comprend un ensemble d’institutions économiques contrôlées par les États-Unis, telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui dictent des conditions oppressives à des pays pauvres de plus en plus rancuniers – souvent d’anciennes colonies de l’Occident – qui ont désespérément besoin d’investissements.

Les États-Unis semblent prêts à entraîner l’OTAN dans un prolongement militaire de la guerre froide – et à prendre le risque de mener le monde au bord de l’anéantissement nucléaire

La plupart d’entre eux se sont retrouvés dans une situation permanente de servitude pour dettes.

La Chine leur offre une alternative et, ce faisant, menace d’éroder progressivement la domination économique des États-Unis. L’apparente capacité de la Russie à survivre aux sanctions économiques de l’Occident, alors que ces sanctions se répercutent sur les économies occidentales, souligne la ténuité de la suprématie économique de Washington.

Plus généralement, Washington est en train de perdre son emprise sur l’ordre mondial. Le groupe rival des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – se prépare à s’étendre en incluant l’Iran et l’Argentine dans son bloc de pouvoir.

Et la Russie et la Chine, contraintes à une alliance plus profonde par l’hostilité de l’OTAN, cherchent à bouleverser le système commercial international en le dissociant du dollar américain, pilier central du statut hégémonique de Washington.

Le document « OTAN 2030 » récemment publié souligne l’importance pour l’OTAN de rester « prête, forte et unie pour une nouvelle ère, caractérisée par une intensification de la compétition à l’échelle mondiale ».

La vision stratégique énoncée fin juin a dressé la liste des péchés de la Chine, qui cherche « à exercer une mainmise sur des secteurs technologiques et industriels clés, des infrastructures d’importance critique et des matériaux et chaînes d’approvisionnement stratégiques ».

La Chine, précise le document, « utilise le levier économique pour créer des dépendances stratégiques et accroître son influence », comme s’il ne s’agissait pas au mot près du mode opératoire employé par les États-Unis depuis des décennies. 

La plus grande crainte de Washington est qu’à mesure que sa puissance économique s’atrophie, les liens commerciaux vitaux de l’Europe avec la Chine et la Russie ne poussent ses intérêts économiques – et en fin de compte sa loyauté idéologique – à se déplacer vers l’est au lieu de les garder solidement ancrés dans le camp occidental. 

La question est de savoir jusqu’où les États-Unis sont prêts à aller pour empêcher cela. Jusqu’à présent, ils ne semblent que trop prêts à entraîner l’OTAN dans un prolongement militaire de la guerre froide – et à prendre le risque de mener le monde au bord de l’anéantissement nucléaire. 

- Jonathan Cook est l’auteur de trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et lauréat du prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Vous pouvez consulter son site web et son blog à l’adresse suivante : www.jonathan-cook.net.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Jonathan Cook is the author of three books on the Israeli-Palestinian conflict, and a winner of the Martha Gellhorn Special Prize for Journalism. His website and blog can be found at www.jonathan-cook.net